• aérant ses draps

     à la fenêtre

    comme autrefois

     

     

     

    sous le balcon en bois

    l'odeur chaude

    d'une étable encore habitée

     

     

     

    à perte de vue

    des montagnes

    des montagnes

     

     



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  • immobile en silence

    près de mes larmes

    qui coulent toutes seules

     

     


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  •  

    les journées d'orage laissent place aux chaleurs caniculaires ... à la cagne de l'après-midi, les fleurs se referment  jalousant les très rares gouttes de rosée que la nuit généreuse leur offre chaque matin... Il fait chaud-chaud... l'âne comate sous le cèdre assoiffé... les oiseaux silencieux se dissimulent sous le feuillage des érables et des châtaigners... le chien s'étale de tout son flegme sur le carrelage frais de la cour, les poules se terrent dans les trous qu'elles ont creusés et ventilent bec ouvert... mes mains transpirent sur les pinceaux,... je ne fais rien de bon... je peins, je déchire, je jette, je recommence... je déchire, je jette, je dégouline et je recommence... la voie est dure à saisir... je ne me relâche pas assez... trop en guerre avec moi même... je me bats contre mes défaillances et je recommence... mon dos est raide, mes bras trop figés, mon esprit saturé...  je dois apprendre encore et encore... à laisser faire le temps...

     

    il fait de plus en plus chaud...  une petite brise sympathique se faufile dans la maison... Les nuages ont disparu laissant le ciel passablement délavé... les ondes de chaleur troublent le paysage... tout devient flou...

     

    Il est temps pour moi de repartir... il est temps pour moi de laisser la maison à sa sérénité... la relève est là... Le  gardien du refuge, des arbres et des montagnes est revenu...

     

    un lucane

    traverse

    la cuisine...


     

    甲虫が台所を渡ります   (kabetomushi ga daikotoro o watarimasu)

     

     

    l'araignée du recoin

    descend boire

    l'eau de l'évier

     

     

    toile tissée à la fenêtre...

    une mouche se colle

     

     

     

    petites fourmis discrètes

    en commando organisé

    vers le sucrier

     


    et le chant des cigales

    que je finis

    par oublier...

     

     

    rangeant les dernières affaires

    un pinceau échappe

    à ma volonté

     

     

     

    le chien lève la tête

     

     

     

     

     

     


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  • à l'ombre des herbes hautes

    un peu de fraîcheur

    pour les voyageurs

     

     

    un nuage passe

    puis deux

    sur le rang de tomates

     

     

    entre les haricots

    les fleurs de courges

    s'ouvrent en famille

     

     

    sud sud-ouest

    tous les légumes du jardin

    contemplent la vallée

     

     

    南南西に菜園のすべて野菜

    谷へ眺める

     

     

     

     


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  •  



    l'an prochain, je repartirai au Japon...  il me faut maîtriser davantage cette langue compliquée... les cours de japonais s'amoncellent autour de moi, comme les nuages dans le ciel lourd d'été .... de temps en temps, l'orage éclate, me coupant de toute patience, de tout contact avec la civilisation... Se profilent alors doutes et angoisses, contraignant les montagnes à assombrir ma solitude et ma quiétude... le cèdre prend son allure de moine reclus, les bambous se penchent vers l'abîme  et je me replie vulnérable derrière mes sumi e et mon travail....

    je reste là
    silencieuse...
    veillant sur la maison

     

    sans savoir comment la protéger...

    ciel d'encre
    Le cèdre prend son allure
    de moine reclus

     

     


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  •  

     

    de la montagne

    sans lune

    je perds mon chemin

     

     

     

    la voix du chien

    me conduit

    vers la maison

     

     

     

    puis

    l'immense silence

    reprend sa place

     

     

     

     

     

     

     


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  • sans parler à la terre

    c'est au ciel ce soir

    que j'implore la clémence


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  •  

    silence avant l'orage

    la respiration du chien

    sous la table

     

    1singe

     25 juin 2013

     

     

     



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  • les feuilles de mon carnet jaunissent... j'ai de moins en moins besoin d'écrire... le vent tourne les pages devenues légères à force d'absence... et je me sens de plus en plus éphémère...


    Je regarde les saisons capricieuses imposer leur rigueur aux fleurs et aux arbres... les mots imprévisibles s'attardent de ci de là dans ma tête sans encombre... chaque instant naît et meurt, libérant au fond de mon coeur toujours un peu plus d'espace à conquérir...

     

     

    fin de journée

    le pissenlit confie au vent

    sa fécondité...

     

     

    Il ne me reste que la peinture... tant d'oiseaux rangés dans mes cartons s'empilent à l'abri des regards...  parfaire mon geste occupe mon quotidien... me restera t-il assez de temps pour trouver l'équilibre de mon pinceau ? trouverai-je encore la force de remplir mon corps d'énergie, la volonté de vider mon esprit de l'inutile trop plein...

     

     

    levant les yeux

    sur le cèdre courbé

    pour le soutenir encore un peu

     

     

     

    qui de lui

    ou de moi

    tombera en premier

     

     

     

    je m'absente de mon carnet

    sans regret

     

     


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  • égrainant sa toile de soie

    comme un chapelet sans prière

     

     

    Araneae

    regarde chaque nuit

    la lune à l'envers

     

     

     



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  • du doute à la vérité… pour étouffer quel déni ? Voir ou ne pas voir… savoir sans mémoire... tout est brisé dans ce film... tout est fragmenté en mosaïque anarchique où un Japon en rupture avec lui-même s'englue dans son conformisme...   chaque rayon de lumière paraît surnaturel, voire dangereux, parce qu'il évoque sans ménagement la morbidité de son contraire...   tout est hors temps... tout est saturé... tout est dilué... même l'horreur ...


    génial !!!

     


     

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  • à l'heure où je referme le livre de Michaël Ferrier " Fukushima", une nausée mêlée de désespoir et de rage froide gagne mon esprit encore bouleversé...


     

    rebondissant 

    sur le livre fermé

    une larme sans goût 


     abattue, je regarde devant moi, la luxuriance de la forêt qui me fait soudain affront, je sens les odeurs piquées de printemps chatouiller mon nez, je vois le vol lourd de quatre vautours en errance, le front blanc lumineux  du "rouge queue à front blanc" qui délimite son territoire... et je me sens mal... je pense à eux... eux, les confinés dans l'horreur... seuls, face à cette innommable monstruosité... seuls, face à cet arrache-vie invisible qui les ronge sans bruit... eux, qui ne peuvent plus sentir le vent porter les saisons... eux qui ne peuvent plus compter les étoiles d'hiver, aux risques de perdre ce qui leur reste d'espoir de survie...


     

    Je refais lentement surface, ma torpeur se réveille ... et me noue le ventre ...

     

     

    vent du soir

    portant la parole des chouettes

    sans prophétie




     

    Michaël Ferrier était à Tokyo, quand tremblements de terre et tsunami ravagèrent le Japon. Il décrit la peur, le littoral dévasté, recueille le récit des témoins et victimes, avant de partir, vers la zone interdite et de tenter de cerner les causes et les responsabilités de la catastrophe nucléaire.


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  •  

    carnet de balade 

    oh ! mots indomptés 

    quelques fleurs sèchent encore

     

     


     

     

     


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  • et mes pas s'enfoncent dans la mousse laissant le silence devant et derrière moi... Chaque foulée imprègne le sol de mon odeur...  Ils passeront après moi, les petits et les grands, reniflant ce que je dépose sans le savoir... je me fais de plus en plus légère de plus en plus minuscule, mon corps s'accorde avec mon esprit pour ne laisser derrière moi, qu'un semblant de rien... juste assez pour que la forêt qui se referme dans mon dos, s'empresse de m'oublier ...

     

    face à face

    le défi des perce-neige

    la lenteur du printemps

     

     

    regard tendu

    sur les sommets enneigés

    un aigle royal


     

    dernières plaques de neige

    aucune trace du loup

     

     

    je regarde la beauté qui m'entoure et cherche dans ma tête les mots en japonais pour pouvoir dire avec mon coeur ce que je ressens...

     


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  • le vent offre

    à l'eau de l'étang

    une fleur de coquelicot

     

     


     


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