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    900km sur la route 138, pour arriver dans la réserve la plus éloignée de la côte Nord : Nutashkuan ! L’immensité de l’espace, la neige, et le blizzard ….

    « Expérimenter le tact de la vue lorsque nos mains sont privées de leur fonction première ». La neige brûle !

    À l’instar de nombreux artistes actuels (Clément Cogitore, Evangelia Kranioti) qui vont chercher aux marges de notre monde, des promesses d’habiter autrement l’espace, la nature et l’expérience du vivre ensemble, Agnès Peeters nous rapporte un film poético-politique qui nous concerne tous.

     

     

    Sur la route de la perception

    Dès les premières images du court-métrage Nutashkuan, 13 février 2017, nous pressentons que la dimension politique sera affaire de perception, avant d’être une question de message ou de revendications !

    En innu Nutashkuan signifie « là où l’on a pris l’ours noir » ! Les Innus qui habitent dans la région de la côte-nord au Québec et au Labrador n’ont jamais suscité la passion des occidentaux (comme les Inuits par exemple), si ce n’est pour les nombreuses richesses que leur sol recèle, et les convoitises qu’elles suscitent de la part de compagnies industrielles, peu scrupuleuses de questions ethnographiques, ou esthétiques !

    Avec leur manière singulière de vivre, leur rapport à l’amour ou à une nature omniprésente dans les images du film Nutashkuan,13 février 2017, cette population amérindienne du Canada a toujours refusé d’être assujettis à la loi canadienne sur les indiens. Menacée d’extinction, tout comme leur langue qui part en lambeaux, à l’image des plans des ruines de la patinoire au début du film, cette communauté a décidé de renaître, malgré les menaces écologiques qui pèsent sur la pêche du saumon, ou les pressions financières en tout genre.

    Si Agnès Peeters met pleinement son court-métrage au service d’une minorité qui vise à reconquérir sa reconnaissance politique, la force de son film est d’outrepasser la simple démarche documentaire pour accéder à un lyrisme parfaitement maîtrisé.

    « Laisser l’espace définir ce que nous sommes, en tant que femme, en tant qu’homme... », la première phrase du film donne la tonalité poétique de ce court-métrage. La narration faite d’événements mêlant la vie de cette communauté à des moments aussi différents que la signature d’un contrat économique, l’enterrement d’un membre de la communauté, la reconstruction d’une patinoire, apporte ce qu’il faut d’action à l’onirisme porté par un paysage enveloppé de neige.

    La renaissance d’une réserve indienne Nutashkuan

    Agnès Peeters a diffusé, jeudi 12 novembre, l’avant-première de son court-métrage aux habitants de la communauté à l’occasion de l’inauguration officielle de l’aréna de Nutashkuan. Une patinoire qui bénéficiera aux jeunes de la communauté, et qui symbolise la fierté d’un peuple qui résiste, tant bien que mal, au rouleur compresseur de l’homogénéisation capitalistique. Dans le cadre de l’inauguration officielle de l’aréna de Nutashkuan au Canada, tous les Chefs des Nations Autochtones du Nord du Canada y étaient conviés.

    « Nous avons besoin d’eux et de leurs manières de «sentir» de «voir» d’utiliser nos sens ». Agnès Peeters est peintre. Son film témoigne du désir de se greffer à la subjectivité de Nutashkuan porteuse de nouvelles manières de penser notre rapport au cosmos, et à l’idée même de communauté.

    « Je vois le lien avec notre période Renaissance en Europe. Ici il y a vraiment un essor à tous points de vue, alors que l’on dirait qu’en Europe tout se meurt, ou que le chaos est omniprésent…Prendre le temps de les connaître, à leur rythme, faire les choses par «amour», avec plaisir, ce plaisir est si important si l’on veut partager, j’aime cette communauté pour la passion qui s’en dégage, la vérité, au-delà de la mafia, pas le temps aux enfantillages. »

    Un film engagé

    À l’heure où la question « d’être de gauche » en France devient crépusculaire, tourne au règlement de comptes nauséabonds, et finit sur une partition digne d’un vaudeville, il est bon de prendre l’air du grand Nord !

    Le philosophe Gilles Deleuze aimait rappeler ce bon critère du discernement poético-politique :

    « Etre de gauche, c’est reconnaître et c’est lutter pour faire en sorte que des minorités puissent s’accomplir. Etre de droite c’est partir de soi-même comme pour une adresse postale : moi, la rue où je vis, la ville où je réside, le pays, l’Europe et le monde. C’est penser le monde comme une sorte de menace qui pourrait abolir la situation présente, celle d’être privilégié et de vivre dans un pays riche. Etre de gauche c’est l’inverse, c’est prendre autrement l’adresse postale : d’abord percevoir le monde, ensuite l’Europe, ensuite le pays, la rue où je vis, enfin moi. Ce n’est pas une affaire de belle âme, ni une affaire de morale, c’est une affaire de perception. »

    De ce point de vue le film d’Agnès Peeters est magnifiquement engagé !

     

    Libé


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  • J'ai troqué mes rires pour des sourires, des sourires pour des tristesses, des larmes pour des silences. Dans ce corps hérité sans formalité que j'incarne depuis tant d'années, le temps  se déchire sans diplomatie, brisant dans cette inflexible évidence tout repère instruit  avec patience. 

    Le monde des hommes se contracte sous l'ingérence des imbéciles. L'ignorance qui en résulte démontre l'ampleur des dégâts.  

    Que faut-il  comprendre de ce monde incapable de se corriger ?

    Pourtant, à l'abri des regards et  en toute clandestinité, un brin de mystère incontesté s'empare des montagnes, des mers et des forêts. Une touche anonyme, tout juste décalée d'imaginaire, réinterprète avec allégeance la suite de l'histoire. Les informations s'échangent  à une lenteur  défiant toute possibilité. Un monde gravitant autour des papillons, grignotant telles les chenilles nos  consciences intoxiquées.

     

    troquant pour un sourire

    l'inconstance du papillon

     


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    la terre s'efface et je cris au delà de l'enfer que le paradis est à portée de main...

    pendant ce temps  sans effort

    la nuit  continue à se remplir d'étoiles...

     

    sur la table à dessin

    un oiseau

    le plus rapide

    se lasse d'attendre


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    Ce n'est plus le cri des oiseaux que la mer porte vers le rivage, mais les pleurs des enfants qu'elle engloutit. Leurs larmes amères vaines et inutiles assiègent nos esprits impuissants. L'ombre de leur petits corps rode sur le rivage comme des fantômes errants. Trop loin de chez eux, ils n'ont pu atteindre l'autre côté de la vie. Pas eu le temps de comprendre, pas le temps de connaître. Le naufrage, seule issue qu'un monde déshumanisé leur réserve, les condamne à sombrer dans l'insoutenable abandon. Pourtant par mer calme, lorsqu'on se dispose à être présent, on perçoit leur chant triste et monotone glisser sur le bleu infini, du ciel et de la mer. Les sirènes se taisent, troublées par toute cette barbarie... Neptune lui-même en oublie de gérer son règne.

    Lorsque leurs petites mains se tendent  vers la terre promise, mélangeant à leur prière leur chevelure blanchie par trop d'injustice, la lune se cache, les crabes s'enlisent et le soleil se voile.

    Qui sont-ils eux dont on ne connaît plus  les corps rongés de sel par une mer indifférente à leur tourment ? Une mer qui les recrache chaque jour sur des rivages désenchantés...

     

     

    en deuil

    ce bleu infiniment bleu

    abandonné par les sirènes

     

     


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  • attends moi là

    là où les oiseaux parlent aux poissons

    en cet instant

     


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  • digressions avec Serge Livrozet

     


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    parce que le monde est complétement hystérique.....!!!!


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  • sur les falaises


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  • un brin de lune se brise sur les rochers pulvérisant dans les vagues sa solitude astrale. A chaque variation des flots, mille cristaux froids se dilatent dans l'eau. Au large les guerriers se rassemblent pour une guerre sans rival. De la falaise je les devine fiers et confiants, marchant sur l'écume glacée, à la recherche de leur légende impérissable. De la falaise remonte empreint d'algues et de poissons, leur souffle déterminé. A marée basse ils retournent,  fantômes impuissants, se réfugier au sein des coquillages délaissés. Le réveil des dieux tardent à leur survie, leur léthargie immobilise le temps, mais là où sommeille le rêve se concentre invariablement le mythe universel.

     

    un rien de trop

    ce léger bruit

    venu du large

     

     

     

     


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  • https://350.org/fr/justice-climatique-au-sapmi/

    Témoignages des peuples les plus exposés au changement climatique au frontières les plus septentrionales.

     

     

    Jonas Wannar éleveur de rennes

    « Les éleveurs de rennes dépendent beaucoup de la nature. C’est à la fois une épreuve immense et une joie exceptionnelle. »

     

     

     

      Alslat Holmberg

      Pêcheur et responsable politique

     

    « […] il y a un risque de “colonialisme écologique”,  au titre duquel les vastes étendues, qui sont souvent utilisées par des peuples autochtones tels que les Samis, […] sont considérées comme des territoires vierges qui peuvent être utilisés à d’autres fins. » 

     

     

     

    Anne Maret Blind

    Journaliste

     

     

    « Il ne reste que 2 % de forêts anciennes en Suède. C’est tout ce qu’il nous reste. Cette situation m’affecte profondément, corps et âme, dans tout mon être. Il ne faut pas trop y penser pour ne pas désespérer. Mais je sais que la nature est constamment exploitée là-bas. »

     

     

    Sarakka Gaup et et Mio Negga

    Acteur / producteur de musique et actrice

     Il y a déjà tellement de choses qui ont été faites et qu’on ne pourra pas défaire.  Pour de nombreuses personnes et à de nombreux égards, c’est déjà trop tard. […]  Mais en tant que jeune, j’ai pleinement espoir dans l’avenir.  Il faut décider de croire que les choses peuvent changer […]Ensemble, nous pouvons y arriver ! »

     

     

     

     

     

     


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  • lune à la porte

    sans parole

     se  laisse guider


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