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    après son merveilleux Cherry Blossoms, Doris Dörie, nous surprend  une nouvelle fois.

    fukushima mon amour de Doris Dörie

     


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  • avec la participation  imprévue de Hanao et    Imrane en bruit de fond

     

     Clair-obscur d'une journée d'hiver, le flegme des couleurs s'additionne au temps et hante l'espace en marge des heures et des secondes oubliées. Rien ne bouge, la pluie tombe avec un ennui presque parfait. Pas de vent, pas d'étonnement, le chien dort sous la table, l'âne dans son cabanon, les chats forment un amas indéfinissable de fourrure gonflée. Je ne sais pas encore si j'aime ou non ses journées de désœuvrement. Les fractions de scène en retard d'un chapitre, donnent aux acteurs une impression d'absence et infligent au rythme une rupture inconditionnelle de son oppressante cadence... Tout le monde soupire soulagé, même mes pigments enfouis dans leur boîte en bois. Sur la table à dessin,  la fébrilité d'une nouvelle feuille blanche mi bambou mi coton,  fixée sur son support  guette le moindre de mes déplacements. A mes mouvements agités, elle se rétrécit se contracte sur ses fibres, défiant dans son immobilité imposée, le premier contact obligé, qui libérera la tension concentrée au bout du pinceau.

    De ses quelques poils régulièrement alignés, lui, le pinceau, aborde dans ces instants de retenue des postures provocantes de guerriers. Excité par la présence de ces éléments qui le narguent, il se gorge d'eau jusqu'à saturation. Bombant son torse imbibé d'audace, il sélectionne sa couleur de prédilection et attaque l'angle de la feuille où se réfugie fragile, l'ébauche d'un oiseau en attente. Son expérience est suffisante pour savoir qu'il tient dans son ventre suffisamment d'autonomie pour accomplir une bonne partie du travail sans contrainte. La feuille blanche, empreinte de la première marque tracée, devient spontanément terre d'asile. Elle dissipe ses inquiétudes puis accueille avec sérénité toutes les variations de teintes proposées. Ses fibres s'ouvrent et se referment à la demande, faisant variablement vibrer les couleurs avec pudeur, les déplaçant dans son espace jusqu'à leur trouver l'endroit exact de leur splendeur...

    Guerre et paix s'organisent sous mes yeux sans que je puisse prévaloir mes droits.  Il m'arrive parfois de soumettre quelques conseils à ce chaos explosif, mais la plus part du temps j'aime à dire, et à penser que pour chaque aquarelle en cours de réalisation s'ordonnent tour à tour  vide et plein, compréhension et mystère, savoir et ignorance, abstraction et évidence, visible et invisible, vie et mort, avec comme éventuelle ordonnance la seule et unique sincérité existentielle de tout ce désordre.

    Qu'importe le résultat d'une aquarelle, tout réside dans sa réalisation, lorsque les fréquences se croisent et s'interposent, sans raison, sans émotion, sans obligation, permettant à celui qui par expérience conduit le pinceau, de parvenir un jour à un éventuel talent.

     

     au bout du pinceau

    l'oiseau regarde le ciel

    sans bouger


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  • becassine des marais


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  •  Cela se passe tout près de chez moi. C'est une très vieille histoire qui date de l'époque de la construction d'un barrage qui n'aura pas lieu... Tout est raconté là : http://www.passerelleco.info/rubrique.php?id_rubrique=40

    et la suite est en dessous, voilà le courrier qu'ils ont reçu:

    Le 3 janvier 2017.
    À la Borie, nous recevons une lettre du maire. Des vœux de bonne année ? Que nenni, une assignation en justice dont le mot d'ordre est : expulsion des biens et des corps
    Petit inventaire rapide :
    9 chats, 7 chiens, 2 ânes, 2 chevaux, quelques millions d'abeilles, une chèvre, 41 humains dont 10 enfants, plus de 500 ami-es solidaires et occupant-es intermittent-es,plusieurs milliers de livres, des savoirs-faire, des pratiques et des secrets, des centaines de plantes sous forme de tisanes, d'onguents, de teintures-mères, une bonne quinzaine de poêles à bois, autant d'habitats mobiles ou éphémères, une yourte et sa cuisine
    attenante, 3 ateliers, des ciseaux, des couteaux, des marteaux, des haches, des balais, un chaudron, une boule de cristal, 4 tronçonneuses, 2 mielleries, une boulangerie, une sorcellerie, 2 serres, des arbres fruitiers et des arbres à grimper, des champs de légumes, des prairies de plantes sauvages, des aromatiques et des fleurs cultivées, des graines semées, des centaines de piquets plantés, des souvenirs, une machine à coudre, à café, à laver, à bois, à écrire, un tour à poterie, un pressoir à pommes, un piano à queue, un accordéon à boutons, une clarinette, une batterie, quelques guitares, plusieurs percussions, un didgeridoo, un xylophone, 2 ukulélés, un saxophone, une licorne à bascule, un ogre dans l'escalier, une caisse de kapla, des crayons, des feuilles et des pots de peinture, des galets, des murs en pierres, des plages et des rochers à escalader, deux toboggans, une balançoire, 2 roulottes, 3 trottinettes, un ballon, une draisienne, des vélos, 15 bagnoles, 7 camions, 3 téléphones, des bocaux de confitures, des pots de miel, des conserves de fruits, d'autres de légumes, des bouteilles de jus de
    pomme, de cidre, d'hydromel, de vin de plantes, des gardes-manger, des patates par milliers, des kilos de farine, un certain nombre de cendriers, de monstres dans les bois, de lampes frontales, de génies de la rivière, d'attrape-rêves, de théières et de plats à tajine, des cartes, un scrabble, des échecs, une hutte de sudation, un nid de marsupilami, des boîtes à lettres, à clous, à bijoux, à joujoux, à genoux, à hiboux, des carnavals, des bals, des festivals, des idéaux, bref : la Borie.
    Alors plus que jamais, nous souhaitons la bienvenue : à l'impromptu, à l'inopinée, aux cabanes dans la forêt, à la bricole, à la débrouille, aux poseurs de tentes et autres coinceurs de bulle, aux voyageurs de l'espace-temps, aux marmots de tout poils, aux frangines féministes, aux pirates du monde moderne, aux flibustières du rafiot domestique, aux rebrousse-poils des coupes à blanc, aux insolvables, aux insolubles, aux crottés et autres indécrottables, aux crapules de l'école des bois, aux éjectés de la croissance, aux déracinés des grandes cultures, aux échappées belles, aux apatrides et sans frontières, aux agités de la cervelle, aux vagabondages et bavardages, à la joie et à la colère, aux cueilleuses de remèdes, aux coureuses de jupon, aux fantaisistes, aux intrépides, au saccage de toute docilité, à l'insolence, aux rêveuses, aux lucides, à la musique ou au tapage, aux irréductibles, aux incurables.

    Nous sommes une multitude.

    Nos moyens sont infinis.

    Nous continuerons de vivre sur ces terres, sous ces toits. Aucun verdict ne remettra en cause la légitimité de nos existences.
    Nos biens et nos corps sont inexpulsables
    puisqu'ils font partie intégrante de l'histoire et de ces lieux.
    la Borie est commune...

    et le restera.


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  • Construire son propre espace dans une société telle que la notre sans appartenir à un groupe, relève d'une volonté inflexible. Les désillusions sont fréquentes, et l'irritation de ceux qui ne se sont pas donnés l'occasion de faire certains choix est souvent démesurée. Se marginaliser au regard d'un collectif , de dire oui ou non selon ses perceptions et objections du moment, construit un  avenir difficile, fatiguant et parfois décourageant. Mais au fil du temps, il installe une stabilité de l'esprit, un calme intérieur, une espèce de sérénité discrète qui modèlent l'allure de toute personne optant pour une progression indépendante au delà de toutes conventions établies. Verticales dans le cœur, dans les actes, les pensées se bousculent souvent, tout au long d'une vie,  les hésitations usent parfois le moral, parfois le renforcent. Le prix à payer pour cette résistance pacifique est souvent trop élevé, mais il est certain qu'il ne fera jamais fléchir, ceux qui par amour de l'existence luttent sans conditions pour un monde libre, sincère, ouvert, assumant enfin ses erreurs comme un perfectionnement de son évolution et non comme une condamnation humiliante.

    Je regarde les montagnes devant moi et  mon cœur se calme devant tant de subtilité et d'équilibre.  Au fond de moi repose une vie de lutte, d'espoir, de tourment, de joie, de tristesse, de résistance.. De plus en plus légère ma pensée flotte dans les airs, sans attente. Elle va, vient, rit et pleure en toute autonomie. Les reliefs changent, les couleurs s'intensifient, le langage se transforme, le souffle prend sa propre cadence et s'affranchit de ses obligations. Je suis ici et là, dispersée, sans savoir si je m'appartiens encore,  si les choix d'hier et d'aujourd'hui  étaient, sont, ou seront  les illusions transitoires ou les réalités audacieuses de demain. Je suis là, dans la marge, au bord du monde, dans la partie la plus intéressante du devoir achevé, là où tout peu sans cesse recommencer.

     

     

     

     

     

     


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  • Ai je perdu cette notion de temps que ce monde effréné se dispute sans raison ? Peut-être bien et je ne m'en plains pas... Je viens d'abattre un vieux cerisier, pas tout à fait centenaire, mais assez vieux pour avoir perdu  la force de bourgeonner et fleurir ces dernières  années...

    En surface, son temps à lui s'est terminé avec allure et grandeur,  mais sous terre une toute autre histoire se raconte, et ce temps là qu'il se réserve en secret, prend progressivement une odeur d'humus et de mycélium. Cet ancêtre, même dans son déclin apprivoise clandestinement un tout autre pouvoir, une toute autre amplitude du temps. Sa connaissance certainement infinie se dilue dans chaque grain de terre, dans chaque goutte d'eau et la multiplication de ses cellules se renouvelle sans fin. Notre savoir et notre compréhension s'arrêtent au seuil de cette notion d'immortalité universelle propre à chaque être vivant, et nous souffrons de ne pouvoir la concevoir faute de temps, et  d'imagination en déflation.

    Le vent soufflait abondamment ce matin et le froid n'arrangeait pas le travail. Déposant la tronçonneuse au pied de l'arbre, je me suis appuyée contre lui.  Mes mains glacées ont parcouru sa vieille écorce rugueuse à la recherche d'un semblant de vie ou de n'importe quoi d'autre.  Oubliant le temps vif et cinglant, je lui parlais de  sa vie, de la mienne, de notre rencontre qui s'est faite alors qu'il agonisait déjà. Un temps de silence s'est interposé entre nous, qu' il m'a fallu interrompre. J'avais encore quelques mots à lui souffler, quelques mots confidentiels que je lui avais soigneusement préparés pour ce moment là .

    Au bout d'une heure de travail, il est tombé sans crier, sans regret. Nous savions tous  deux que rien n'était rompu mais que simplement la vie reprenait une fois de plus un autre droit, une autre raison d'être éternellement présente.

     

     

    sous les vêtements d'hiver

    tant de couches

    j'en perds ma légèreté

     

     

     


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  • Exilées, mortes, disparues, j'ignore ce qui leur est arrivé. Toutes les abeilles du rucher on déserté leur lieu de vie.  Pour un apiculteur, même en herbe, c'est la chose la plus difficile qui puisse lui arriver. Voilà plus d'une semaine que j'ai eu à faire ce constat démoralisant sur tout le rucher. Ouvrir une ruche pleine de miel, vide de ses occupantes, ne peut laisser indifférent, même le plus néophyte des néophytes en apiculture. En ce qui me concerne cela m'a juste plongée dans un désarroi sans limite. Voilà  plus de  cinq années que ces demoiselles butinaient, sur ces terres de montagne austère. Présentes chaque printemps, avec leur bourdonnement vibrant de vie et d'espoir elles s'appliquaient à redonner méthodiquement cette énergie nécessaire à tout ce paysage en reconstruction qu'est le relief cévenol appauvri depuis trop d'années à la monoculture de châtaigniers... J'avais pris la relève de celui qui s'en occupait préalablement et avais appris patiemment toutes les règles de vie et de soin indispensables à parfaire leur existence...  J’allais les saluer tous les jours et tous les jours, je surveillais leur comportement. Je les conduisais en Warré, ruches parfaitement écologiques, sans traitement, où l'essentiel de cette conduite consiste à toujours privilégier les abeilles. Le lieu où elles ont grandi, est loin de toute pollution de tout pesticide ou insecticide, ces poisons étant totalement proscrits ici, jusqu'au moindre savon, shampoing ou lessive utilisés qui doivent être obligatoirement écologiques, théoriquement donc  aucun néonicotinoïde présent dans le secteur. Le mystère de leur disparition reste pour l'instant total, mais l'enquête personnelle est en route

    Il va me falloir reconstituer tout le rucher ce qui représente un sacré budget, je vous demanderai donc de l'aide, car j'en ai besoin... Pour cela j'ai tiré  de mes aquarelles des cartes postales en format carré  15 sur 15 cm, dont le travail de tirage grâce à un imprimeur de très grand talent est vraiment parfait.

    la carte postale coûte 4 euros avec l'enveloppe correspondante, et les aquarelles reproduites dans ce format sont les suivantes, l'épervier,  la grenouille, le coq de bruyère, le courlis cendré, la chouette d’Athéna, les fleurs de cerisier avec une abeille, l'alcyon pie, le héron cendré, le butor étoilé, les lucanes, la mouette des brumes, le jaseur boréal, les demoiselles (libellules), la libellule rouge, la paruline jaune, le combattant varié,la  mouette rieuse, le pic à dos blanc, le tichodrome échelette, la pie grièche à tête rousse, le renne, et la rosalie des alpes. Si cela vous intéresse, toutes ces aquarelles sont sur le blog. Pour plus d'info contactez moi à mon adresse mail: kamtchak@gmail.com.

    Je vous remercie d'avance, pour le soutient que vous m'apporterez dans la reconstitution d'un nouveau rucher. Les nouvelles venues déjà réservées dans un élevage écologique arriveront au courant du mois de juin. Nous en avons tous besoin, elles apportent tout ce dont les jardins les vergers, les forêts, les près cherchent pour bâtir leur existence. Je souhaite retrouver avec elles ce prodigieux plaisir qu'elles offrent inlassablement à tout ceux qui les guident pour les conduire avec passion vers des lendemains moins incertains.

     

    anna


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  • Ce diaporama sonore, réalisé par Marion Potoczny, a reçu samedi 17 décembre, le prix 2016 du meilleur sujet décerné par Diapéro, “Polka magazine” et Mediapart


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    Ils sont là, ils sont grandioses, ils sont revenus, parce que leur place est là dans notre sillage. Les voir relève du miracle, du coup de chance... suivre leurs traces ne nous rapproche pas forcément d'eux, mais nous rassure quant à leur existence et leur capacité de nous éviter...

    Combien de temps encore résisteront-ils à l'absurdité de ce monde qui veut tout contrôler ? Combien de temps encore pourrons nous espérer croiser leur regard au delà des cimes et des forêts ? Combien de temps leur reste t-il à vivre ? combien de temps nous reste t-il ?

     


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  • joubarbe


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    D'où vient cette rage assassine qui glace  jours et nuits nos âmes atrophiées, cette fureur blanche suintant de nos cerveaux stériles. Elle décompose nos actions en fragments infectés de haine. La violence est devenue un état permanent de vengeance perdue.  Nous sommes faits de colère, mais pas de haine. Il ne faut pas tout confondre, et à force d'élever cette émotion au rang d'allier nécessaire à la survie, nous en avons fait un adversaire ingérable.

    Par nuit claire les étoiles traversent le tonoo de la yourte imprégnant mon cœur d'éternité sans que je comprenne un traître sens à ce mot. Je le laisse tout simplement pénétrer mon esprit sans aucune attente de futur. Sans futur, nous nous réadaptons d'instinct au présent, mettant en demeure  notre ego plaintif et malade aux injonctions d'un passé oppressant. La violence en tout genre naît de ce futur délétère qui accumule bien et richesse, mais ne peut subsister dans un présent où réside trop peu de temps pour lui donner sens. C'est là, dans ce temps si court qu'aucun gaspillage ne peut s'y glisser, que l'on apprend à rire, à pleurer et à crier, sans souci de représentation. Tout vient avec un naturel obligeant. Plus besoin de se déchiffrer, de se deviner, de s'introspecter, comme si nous étions des bêtes de foire soumises à la raison d'un seul mode de penser. Dans ce temps ultimement immédiat qu'est le présent, souffle une renaissance de bon sens, d'actions de premières nécessités, un vent d'urgence et de salut, une réalité triomphante.

    Nous ne sommes pas encore au bout de nous mêmes, au bout de notre consécration, mais à tarder dans le couloir de la mort, nous pourrions ne plus pouvoir obtempérer pour une clémence moins hasardeuse.

     

    pieds nus

    fouler la terre

    sans cailloux dans la tête.

     


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  •  Du 3 au 4 décembre, quelques artistes vous présentent leur travail de peintre, céramiste, orfèvre, ébéniste, sculpteur, origamiste etc pour le marché de Noël qui aura lieu au restaurant " déjeuner sur l'herbe" à  St Clément de Rivière (sortie Nord de Montpellier). Ils vous invitent à venir voir, ce qu'ils fabriquent avec passion  et espèrent vous séduire par les œuvres qu'ils vous proposent.

    marché de Noël au restaurant le déjeuner sur l'herbe


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  • De retour dans la yourte, tout me paraît distant, un peu comme si depuis mon départ, la perspective des choses s'était déformée, bousculant insensiblement le relief qui m'entoure.  Ma présence ici ou là-bas a perdu un peu sa trajectoire. Je ne me rappelle plus trop d’ailleurs quelle en était le sens. Il me semble de plus en plus vivre  entre les mots, devenir un souffle inévitable au sens du texte présent, un espace blanc rempli  d'accords, d'ententes inaccessibles. J'emprunte au temps cette distance régulière qui unit les mots et les hommes au delà de tout contrôle, et dispose ces silences entrecoupés de matière là ou la raison reprendra ses droits.

     

    retour

    est-ce moi l'intruse

    ou la couleuvre lovée derrière le poêle ?

     

     

     


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