•  

     

    et le vent passe au dessus de ma tête sans me toucher

     

    poussant les nuages vers l’oubli 

    le brouillard vers le monde d'après

     

    tropisme désordonné

    au vent indompté

    les arbres ont perdu leur raison

     

    assise tout en haut

    sur ton point culminant

    immensément seule

     

    je suis allée vers toi

    si lentement

    pour chaque fleur éclose

    chaque papillon impatient

     

    la mousse sur mes épaules fraîches

    quelques fleurs d'arnica sous mon dos cassé

     

     ne pouvant aller plus haut

    tous ces tariers des près s'affolent

    sur les gentianes jaunes

     

     

    dans la vallée

    de minuscules agitations

    ordinairement monotones

    passent le temps

    sans compter

    sans attendre

    sans espérer

     

    je longe les crêtes

    suivant la falaise

    et un tout jeune faucon

     

    entre saxifrages et rochers

     la frontière

    tient du miracle

     

    personne

    ce jour là

     

     

    dans un fatras de nuages

    je fais alliance avec la terre

     

    libre et enchaînée

     

    m'appuyant sur ma canne

    j'enfile un pull

     

    divinement engourdie

     

     

     

    O Montagne

    ta noblesse

    comme une liturgie sans croyance

    prohibe tout accès à ta divinité

     

    mais

     

    de tes couleurs

    en unique besoin

    juste

    une pincée de mémoire pour mes oiseaux

     

     

     

     

     

     


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    anna


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  • courlis


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    un courlis cendré en cours... un peu trop loin des étangs...

     

     

     

     


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  •  

    la Terre reprend son souffle

    usurpant le notre sans défense

     

    et nous mourrons sans ordonnances dans un monde incompris

     

    petit virus au pouvoir de titan, tu gagnes sur notre ignorance un temps de repos pour notre planète,  un temps d'arrêt illimité à notre verticalité délétère.

    certains te devinaient sans y croire, perdu dans les entrailles d'une bête agonisante

    sans te savoir si proche de nous

    si proche de notre déclin

    d'autres refusaient même de t'imaginer, tant leurs préoccupations irrationnelles  asphyxiaient leur bon sens

     tu traverses notre histoire sans chercher à négocier

    les civilités ne font pas partie de ton protocole vital, tu en as cure de notre souffrance,  et nous ne pouvons comprendre ta complexité

    il se pourrait bien que nous restions sourds à ton  défi

    nous savons tout juste te définir, les mots nous manquent pour te trouver une brèche, une fissure, une sortie.

    alors tu ronges nos cœurs et nos poumons, tu grignotes notre patience, tu gangrènes notre courage, harcèles notre résistance 

    ton droit d’existence est presque légitime

    il nous revient comme une réponse au fléau que nous sommes

    il nous invite à nous glisser sans condition vers cette  nouvelle ère à peine pensée que pourrait être le "Symbiocène" (merci Monsieur Glenn Albrecht)

     

     

     

    au jardin  au rucher

    la montagne célèbre les esprits épargnés

     

     

     

     

     


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  • aujourd’hui

    c'est la mer qui me manque

     

    le chant des oiseaux revenus de ce côté du rivage glisse entre les nuages pour ne jamais atteindre mon attente

     

    je reste sans voix

     le silence me menace

     

    mélancolique, peinant à espérer

     

    face à la montagne

    je fais naufrage

    sans défaite

     

    la colère, l'impuissance, la tristesse, rongent heure après heure mon courage... et les nuits me remplissent de folies imprévisibles

     

     piégée dans mon ventre cette faillite mondiale me donne la nausée

     

    prison à ciel ouvert

    j'ouvre les yeux

     

    un circaète salue la montagne de son chant de retour

    un aigle royal  lui rappelle de prendre ses quartiers sans prétention

    ramassant les poils du chien devant la porte, un pic épeiche fait son nid dans un arbre juste en dessous de l'atelier

    les sittelles toujours tapageuses prennent possession de tous les recoins cavernicoles disponibles

    de bois et de jardin les grimpereaux chuchotent leur amour aux arbres

    et sous la mangeoire toujours le même combat pour quelques graines perdues

    des palombes, sans nul doute, un autour a tué une de mes poules

    dans la serre les semis germent et poussent avec force et raison

     

     la folie des hommes aurait pu s'arrêter à la frontière de ce bout du monde, mais je lui ai parlé de mon chagrin... et elle, de sa contagion nuisible a contaminé sans invitation, mon cœur déjà bien trop  instable

     

    la beauté de ce printemps désordonné

    comme  un sacre sans lamentation

    entraîne mes pensées vers une dissidence que je souhaite sans retour

     

     

    appartenant à la Terre

    jusqu'au virus

    qui la fait trembler

     

     


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  •                 

    Écrire comme on improvise une musique un chant un dessin. Supprimer les remparts sémantiques d'une langue qui s'en construit par débauche de temps, par excès de peur, par hypertrophie, par embarras, voilà une aventure séduisante où toute fraude intellectuelle est indiscutablement limogée. Les pensées s'affranchissent et cherchent d'autres errances possibles, explorent un autre monde, effleurent l'inconnu, se licencient d'elles mêmes.

     

    Ce matin comme tous les matins, je me suis levée avant le chant des oiseaux, avant le jour, avant que les dernières étoiles se dissipent derrière les montagnes. Le chien,  me regarde sortir dans la nuit fébrile.  De de la nuit, quelques rêves nomades tremblent dans ma tête, galopent sur mes pieds nus.

     

    La vapeur de mon urine s'élève avec la brume de la forêt et cette forêt de brume garde la nuit en son ventre gonflé d'attente.

     

    Comme tous les jours j'agis par dénuement, par désir, par tentation, par besoin. Le rythme est juste à la mesure du temps qu'il me reste. Jardin, forêt, atelier, je vais là où je dois aller et je fais ce que je dois faire. Les gestes s'adaptent avec détachement, mes doutes laissent place à la confiance de ce qui me nourrit.

     

    face à ce temps qui passe si vite, pleine de ceux que j'aime, vide du reste, je vais d'un pas tranquille à la rencontre d'un jour anonyme.

     

     

     

    Le vent s’arrête

     

    immobilisant avec perfection

     

    les bruits de la forêt

     

     


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  • "L’appel aux arbres" ou les liens mystérieux qui unissent l’arbre et l’homme

    Ernst Zürcher

     


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  • Noriko et Michiko viennent de terminer leurs études. En attendant de savoir à quoi consacrer leur vie, elles sont poussées par leurs parents vers l’art ancestral de la cérémonie du thé. Dans une petite maison traditionnelle de Yokohama, Noriko, d’abord réticente, se laisse peu à peu guider par les gestes de Madame Takeda, son exigeante professeure. Elle découvre à travers ce rituel la saveur de l’instant présent, et prend conscience du temps précieux qui s’écoule au rythme des saisons... Michiko, quant à elle, a décidé de suivre un tout autre chemin. Tatsushi Omori revient avec un film empli de sagesse et de spiritualité. L'occasion d'admirer l'actrice Kirin Kiki, égérie d'Hirokazu Kore-eda, admirable dans Les Délices de Tokyo, qui nous a quitté l'an passé.

    diagonal


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