• je crache sur vos urnes criminelles et corrompues

    je crache sur vos lois compressées dans vos cerveaux

    sur votre mode de penser stérile

    je crache sur votre économie esclavagiste

    je crache encore sur ce que vous êtes de plus infectes

    je tourne le dos à votre formatage organisé

    à vos écoles meurtrières, à vos cerveaux délétères

    je vous désobéirai jusqu'à en perdre le peu qu'il me reste

    pour vous traquer  jours et nuits jusque dans vos retranchements les plus secrets

    je ne vous hais pas

    vous n'êtes même pas digne d'une telle émotion

    c'est le mépris que je vous accorde

    comme seul linceul, comme seul enterrement ....

    crevez, misère, de ce que vous générez avec l'arrogance des médiocres...

    vous êtes même en dessous de cela

    je cracherai dans vos urnes... et vous contaminerai de ma désobéissance civile et volontaire ...

    crevez ... mais surtout crevez....

     


    1 commentaire

  • votre commentaire

  • votre commentaire
  •  

    le jour se lève

    empruntant le sentier de  la cabane

    si proche de l'étang

     

    L'envie de vivre tient à si peu. Ce si peu mis à l'épreuve quotidiennement, et courageusement remis au lendemain, résiste au temps et à l'usure par fantaisie. Le combat est coquasse et les impostures fantasques mais il suffit d'un souffle, d'un regard, d'une infime éclosion, pour remettre de l'ordre dans cette plaisanterie caustique, relever le pied pour enjamber la mer, pousser les arbres les forêts et emprunter une nouvelle voie. Caresser les vallées, les montagnes, s'abandonner au ciel, aux nuages et remplir nos têtes de poésie infinie.

     

     


    votre commentaire

  • votre commentaire
  •  

     

    silence au bout du rang

    rien n'a encore

    germé

     

    "présidentielle"

    le programme de mon jardin

    ne rentre dans aucune urne

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  • vautour moine


    votre commentaire
  •  

    La parole ? qu'est ce au juste ? un outil dégénéré de notre civilisation, un acte de défaillance de notre corps ? des fragments de sons qui malgré leurs richesses nous ont privés de sens plus subtiles ? Voilà des jours que la mienne ne résonne plus que dans ma tête. L'usage de ma voix ne sert plus qu'à échanger quelques sons avec le chien, l'âne et les chats de la maison. Les poules et les abeilles étant provisoirement absentes, mes conversations se réduisent à des flexions de voix réservées aux  animaux de grandes tailles qui n'ont finalement pas besoin de m'entendre pour connaître mon humeur. Ils savent dès l'aube quelles sont mes dispositions au monde et lisent mieux que n'importe qui les lignes de mon visage.

     

    Ces jours de solitude, entourés de montagne, de nuage et d'éternité, sont autant de leçon de vie que de contemplation. Le travail en forêt n'enlève en rien à l'apprentissage du lâcher prise. Les étapes sont parfois dures à franchir, et le meilleur moyen de les surmonter est de ne pas y penser. Mettre ses appréhensions en veille n'est pas chose aisée. Cela devient même un art lorsque le doute kidnappe l'esprit et met en otage toutes pensées primaires. La rançon, gage d'une liberté provisoire pour récupérer ce bien vital, est d'un montant souvent très élevé, mais je m'en acquitte avec  patience. Cet effort me fait prendre conscience que tant que je chercherai à comprendre le silence qui m'entoure, sa beauté et sa raison me resteront inaccessibles.  C'est donc bien de cela qu'il s'agit, cette volonté insatiable de toujours tout vouloir comprendre, une déficience du cerveau peut-être ou une forme de délinquance de l'esprit.

    On s'attache de plus en plus à des détails qui ont l'air de rien et qui ne représentent  rien, mais pour celui qui accumule des jours de solitude, ces petits riens, deviennent des centres d'intérêt majeurs.

    On s'applique à leur donner un sens, une raison, un but. Tel le moine qui ne peut trouver la voie qu'en apprenant à laver consciencieusement son bol, je trouve dans les gestes ordinaires de ces soins domestiques, une noblesse que j'avais insoupçonnée jusque là.

    C'est l'heure passée des choses accomplies, le temps futur de ce que j'ignore encore,  le moment venu de laver la vaisselle... Les corvées disparaissent. Chaque geste à sa raison d'être, ils sont tous égaux dans l'éternité.

    Le soir assise  sur le seuil de la yourte, par les nuits claires d'hiver, je nomme les étoiles que je montre au chien couché à mes pieds, peut-être une façon de me convaincre que ce savoir vernaculaire perdu au fil des siècles est tout aussi étrange que choisir de se taire pendant un temps.


    votre commentaire
  • troisième pièce du tryptique


    2 commentaires
  • martin pêcheur, deuxième pièce du tryptique


    votre commentaire
  • la montagne, la forêt la mer, toutes entières, nous apprennent à penser. S'acharner à les effacer du tableau dans lequel nous respirons, ramène à nous priver du plus honorable de nos sens, le seul qui nous permette d'être digne de nous mêmes, même après la vie. Ce sens n'a peut-être pas de mot exact, pas de résonance, pas de matière... il appartient à chaque cellule de notre corps,  va, vient au gré de nos humeurs,  nous maintient la tête droite et le cœur en apesanteur, même dans ce monde sans aplomb. Et la valse reprend immobile sa folie indomptée où l'imaginaire n'est plus qu'une pièce à conviction d'un crime surréaliste exécuté par indifférence. Et quand sonnera le gond de l'insoutenable révolution, flottera dans l'air une irrespirable brume délétère émise par trop d'insouciance. La mue de ce désordre, abandonnée sur le revers d'une pierre, craquellera d'amertume sans laisser de trace au soleil, elle s'effacera comme s'effacent nos pensées, nos cœurs et nos idéaux ... Nos rêves envahiront nos cauchemars à la recherche d'une esthétique oubliée où flotte en  funambule sur un fil invisible, le temps criminellement compressé.

     

    mur en pierres sèches

    la mue brutalement écrasée

    du serpent

     

     


    votre commentaire
  •  

     

    martin pêcheur


    votre commentaire
  •  

    après son merveilleux Cherry Blossoms, Doris Dörie, nous surprend  une nouvelle fois.

    fukushima mon amour de Doris Dörie

     


    votre commentaire
  • avec la participation  imprévue de Hanao et    Imrane en bruit de fond

     

     Clair-obscur d'une journée d'hiver, le flegme des couleurs s'additionne au temps et hante l'espace en marge des heures et des secondes oubliées. Rien ne bouge, la pluie tombe avec un ennui presque parfait. Pas de vent, pas d'étonnement, le chien dort sous la table, l'âne dans son cabanon, les chats forment un amas indéfinissable de fourrure gonflée. Je ne sais pas encore si j'aime ou non ses journées de désœuvrement. Les fractions de scène en retard d'un chapitre, donnent aux acteurs une impression d'absence et infligent au rythme une rupture inconditionnelle de son oppressante cadence... Tout le monde soupire soulagé, même mes pigments enfouis dans leur boîte en bois. Sur la table à dessin,  la fébrilité d'une nouvelle feuille blanche mi bambou mi coton,  fixée sur son support  guette le moindre de mes déplacements. A mes mouvements agités, elle se rétrécit se contracte sur ses fibres, défiant dans son immobilité imposée, le premier contact obligé, qui libérera la tension concentrée au bout du pinceau.

    De ses quelques poils régulièrement alignés, lui, le pinceau, aborde dans ces instants de retenue des postures provocantes de guerriers. Excité par la présence de ces éléments qui le narguent, il se gorge d'eau jusqu'à saturation. Bombant son torse imbibé d'audace, il sélectionne sa couleur de prédilection et attaque l'angle de la feuille où se réfugie fragile, l'ébauche d'un oiseau en attente. Son expérience est suffisante pour savoir qu'il tient dans son ventre suffisamment d'autonomie pour accomplir une bonne partie du travail sans contrainte. La feuille blanche, empreinte de la première marque tracée, devient spontanément terre d'asile. Elle dissipe ses inquiétudes puis accueille avec sérénité toutes les variations de teintes proposées. Ses fibres s'ouvrent et se referment à la demande, faisant variablement vibrer les couleurs avec pudeur, les déplaçant dans son espace jusqu'à leur trouver l'endroit exact de leur splendeur...

    Guerre et paix s'organisent sous mes yeux sans que je puisse prévaloir mes droits.  Il m'arrive parfois de soumettre quelques conseils à ce chaos explosif, mais la plus part du temps j'aime à dire, et à penser que pour chaque aquarelle en cours de réalisation s'ordonnent tour à tour  vide et plein, compréhension et mystère, savoir et ignorance, abstraction et évidence, visible et invisible, vie et mort, avec comme éventuelle ordonnance la seule et unique sincérité existentielle de tout ce désordre.

    Qu'importe le résultat d'une aquarelle, tout réside dans sa réalisation, lorsque les fréquences se croisent et s'interposent, sans raison, sans émotion, sans obligation, permettant à celui qui par expérience conduit le pinceau, de parvenir un jour à un éventuel talent.

     

     au bout du pinceau

    l'oiseau regarde le ciel

    sans bouger


    votre commentaire
  • becassine des marais


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires