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    tu as de beaux yeux

    tu sais

    dit la grenouille à son reflet


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  • comme chaque matin depuis des jours, la rosée se charge de tremper  vêtements et  chaussures  sans la moindre compassion pour ceux qui les habitent. Les pieds, finissent par prendre une allure de vieux parchemins fripés. Dans ce massif incroyablement indompté, les arbres, les fleurs, les mousses et les lichens poussent à la vitesse du peu de temps que l'air glacé  des altitudes daigne leur accorder. Les couleurs en sont troublantes. Les arbres crèvent le ciel de leur vert musclé défiant les nuages et les étoiles. Leur temps là aussi est compté, et la neige est un élément qui les contrarie jusqu'au cœur de l'été. Le décor qui s'ouvre à chaque pas, est taillé dans une végétation dévorante sans détail, sans discipline. Les pentes vertigineuses dictent le déplacement et astreignent à l'usage des mains pour continuer la progression. Ne pas regarder en contre bas, là où le vide implore l'étourderie, rester égal à soi-même, sans fantaisies sans pensées embarrassantes, devient un précepte de chaque instant. Et je tiens bon, longeant des crêtes abruptes,  résistant aux quelques centaines de mètres de vide qui dominent la vallée

    Le long des parois grises, le chant du vide parvient à mes oreilles, immortel, invulnérable. Il détourne un instant mon regard pour un petit tichodrome échelette occupé à ses affaires de chasse et de survie. L'oiseau papillon éclaire l'espace d'une traversée la montagne toute entière avant qu'elle ne se referme sévère et intraitable derrière de sombres  nuages.

    Les jours passent et nous ne croiserons personne. Le monde s'est arrêté de battre au rythme des humains dès le premier col franchi. Il nous préservera ainsi, le temps de notre marche dans ces interminables dénivelés que cet univers furieusement sauvage impose sans préoccupation. A l'épreuve que nous surmontons en silence, reste la discrétion informelle de tous ces êtres rares et communs, maîtres de ces forêts et de ces rochers qui, sans appel, négligeront de nous rencontrer.

     

     infini

    au-dessus des mélèzes

    une intuition !

     

     

     

    MASSIF DE LA LAUZIÈRE

     

    Massif de la Lauzière 1

    Massif de la Lauzière 2

    Massif de la Lauzière

    Massif de la Lauzière

    Massif de la Lauzière

    Massif de la Lauzière

    Massif de la Lauzière

     

     

    Massif de la Lauzière

     

    Massif de la Lauzière

    Massif de la Lauzière

     

    Massif de la Lauzière

     

    Massif de la Lauzière

     

    Massif de la Lauzière

     


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  • "sans haine , sans armes, sans violence ,
    de résistance en désobéissance ,
    c'est une évidence , nos vies n'ont plus aucun sens,
    depuis que nos rêves sont indexés sur le prix de l'essence"

     


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  • voyage initiatique, retour à la nature, peu importe ce que l'on voit et ce que l'on comprend dans cette magnifique animation, mais quand le très prestigieux studio Ghibli accepte de coproduire ce genre de petite merveille, il ne peut qu'en découler quelque chose d'inattendue, quelque chose de magique, une poésie sans frontière, un monde onirique illimité,  dont nos cœurs ont tant besoin...

     

     


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  • On ne me voit plus, on ne m'entend plus... Je suis au fond du couloir, là où l'ombre provoque la lumière sans lui chercher querelle. Être  en dessous et au dessus de ce qui ne bouge plus, ne plus être condamnée à suivre le mouvement insensé du temps. Dans une poche de ma robe, une feuille de route sans chemin, sans géographie,  et dans l'autre,  un vide prémonitoire qui ébranle chaque conviction.

    Nulle part où aller, mon destin a perdu les traces des femmes pliées par le temps. Je les cherche pourtant, dans les vallées et les montagnes, dans ma mémoire et celles de ceux qui ont cru s'en souvenir... Ces femmes sans écriture, rigolaient, pleuraient au moindre changement de temps. Leurs sourires édentés avalaient les mots sans intérêt, laissant leurs regards vifs et pertinents baliser l'audace de leurs pensées...

    Le jour, le mois, l'année, le siècle où le monde s'est enfermé dans un despotisme nocif, leurs tabliers tachés par l'effort et toutes les plantes sauvages qu'elles y recueillaient tombèrent à terre les exposant sans ménagement à la suffisance crue et nue des temps modernes... Ces femmes aux visages usés gardaient en elles une beauté éternellement inaccessible. Les foulards ternis par le soleil, bordaient de fleurs fanées leurs cheveux sénescents. Égarées dans ce siècle qui ne leur laissait aucune place, elles sont parties les unes après les autres, insoumises, les mains vides, le cœur troublé.

    Le poète perplexe en est resté muet. Perdant leur trace dans les venelles sombres des villages aux ravalements obscènes, il cherche encore dans les moindres recoins oubliés, un peu de leur odeur, un peu de leur lait, un peu de leur tendresse... A grande vitesse, les années s'éloignent  de ces femmes au courage inébranlable. Le craquement de leurs os, le silence de leurs angoisses, leurs rires, leurs cris, leurs pleurs et leurs colères expropriés des champs et des maisons excitent encore les mémoires. Dissidentes confirmées, rebelles en chiffons, résistantes en tabliers et  dentelles, elles nous ont quitté au tournant de ce siècle, emportant avec elles cette qualité de mémoire qui en faisait des narratrices infatigables, des conteuses aux accents de terroirs tout juste compréhensibles, des guerrières en sabots. Elles sont parties  en "outre monde"  où leurs histoires s'entrechoquent sur le bout de leur langues, roulent au fond de leurs gorges sans voix, imprègnent l'air de chants sans paroles.


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    Oeuvre peinte par l'artiste Goin http://www.goinart.net/gallery/outside/ le 24 juin 2016 à Grenoble.

     


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     Le chant des arbres,  sans vertige avance au dessus du vide menaçant

    Le chant des arbres, raconte les migrations de l'oiseau désorienté, les errances du ver de terre délogé, les égarements du scolyte maudit. Le chant des arbres, circule dans nos corps muets, forçant le passage de nos cœurs fatigués, en mémoire de son existence. Le chant des arbres, des profondeurs,  dilate la nuit en litanies étouffées, là où les silences règnent avec grandeur. Le chant des arbres, alterne le paysage d'ombre et de lumière avec justesse et légitime ses vibrations pour les vivants devenus transparents. Le chant des arbres, de mépris en ignorance, disparaît sous l’asphalte, le béton des tyrans, portant dans ce mutisme transitoire aucune condamnation à ce complot, juste un silence bouleversant.

     

     

     

     

     

     

     


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  • Alma fait partie d'une famille qui travaille depuis des générations sur une plantation d'oliviers en Espagne. Cette fille de 20 ans a une relation profonde avec son grand-père. Mais celui-ci ne parle plus depuis que ses enfants ont vendu contre son gré un olivier vieux de 2000 ans. Parce que son grand-père s'affaiblit de jour en jour, Alma décide de rapatrier l'arbre qui a été replanté en Allemagne, dans le siège administratif d'une entreprise active dans le domaine de l'énergie, qui l'utilise à des fins publicitaires. Via les médias sociaux, Alma cherche des soutiens pour son projet. Et elle persuade son oncle et un ami d'aller en Allemagne avec un semi-remorque - mais sans avoir ne serait-ce que le début d'un plan concret...
    « L'Olivier » est un film à la réalisation soignée et d'une humanité touchante. La réalisatrice espagnole Icíar Bollaín combine avec adresse une histoire familiale personnelle avec des thèmes universels comme la protection de l'environnement ou l'honnêteté dans les relations humaines. L'histoire est signée par Paul Laverty qui avait déjà collaboré avec Icíar Bollaín lors de son dernier succès « También la lluvia » et qui a écrit de nombreux scénarios pour Ken Loach. « L'Olivier » propose un cinéma plein d'éléments merveilleusement tragi-comiques, interprété avec brio, nourri d'images fortes et porté par une bande-son envoûtante.

     


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  • rennes


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    Les fleurs des prés caressent les mains ballantes le long du corps... Une attention douce et soyeuse s'échange alors entre les fleurs et les doigts, provoquant dans le ventre un frisson presque divin.  Une façon peut-être  de rappeler aux rêveurs, qu'elles veulent rester libres et accomplir leur cycle tranquillement. Une façon d'essayer de se protéger de ce  cauchemar préoccupant, qui consiste à les réduire de manière obsessionnelle à ces quelques centimètres de haut, qu'une esthétique formatée par "un prêt à tailler" régenté dans les lotissements copier-coller au mètre, impose comme seul modèle recevable.

    Lorsqu'on les laisse faire, ces herbes et ces fleurs grandissent en toute simplicité au gré des jours et des nuits, au délice du soleil, à l'insolence des pluies et au bercement des étoiles. Elles n'aspirent qu'à devenir fleurs et séduire abeilles et papillons pour le renouvellement de leur espèce... Massacrées, par l'acharnement des tondeuses  qui ramènent les coupes de ces malheureuses qui poussent trop vite à ces quelques centimètres  réglementés dans les salons obséquieux d'une mode infirme, les herbes s’asphyxient par hectare. On les veut courtes, vertes, sans insectes et si possible sans pousser... Une absurdité supplémentaire parmi les milliers qui cannibalisent totalement notre bon sens.  Fragilisées par tant de frénésie, certaines de ces fleurs disparaissent à jamais ne laissant comme souvenir de leur beauté, que quelques couleurs ternies dans un herbier oublié...

     

     

     

    fleurs d'acacias

    une pointe de rosée en plus

    pour apaiser la soif

     

     

    dans la troisième fleur

    un goût acide d'insecte

     sous la dent

     

     

    aucune trace de notes

    sous la fleur séchée

    trop d'années  passées

     


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  • Marcher est un état temporaire sans passé, sans présent, ni futur... un état d'envie, de besoin, de survie, d'urgence, de départ à la recherche d’émotions indéfinissables pour se remplir de beauté, de quiétude, de réflexion et de remise en question. De longues journées seule, amènent invariablement à traverser des états de conscience et d'inconscience inconnus, inattendus, surprenants. Les heures s'effacent sous les pas alourdis par la charge d'un sac lesté de tout ce qu'il faut pour survire sans aide extérieur. Les chemins empruntés sont très mal indiqués et la carte topographique ouverte dans les mains est un guide fidèle à travers ces immensités. Marcher dans le jour levant sans objectif, ralentir dans celui du couchant, avec comme dernier impératif la nécessité de trouver l'endroit opportun pour bivouaquer... La tête se vide de tout ce qui est inutile. Poser le sac devient aussi urgent que libérer les pieds endoloris de leurs chaussures déformées. Dans le dos et sur le ventre la sueur change de température et fait trembler de froid. A l'Est, face à la vallée, il ne reste plus qu'à installer un campement sommaire pour la nuit. Tout juste la force d'avaler un peu de nourriture, il est nullement obligatoire d'attendre la nuit pour s'endormir, la fatigue se charge de ce programme sans imaginaire, et le lendemain se lève avec la même perspective que la veille accompagné de quelques courbatures supplémentaires...

    Marcher détient cette noblesse qui nous apprend à vivre. Marcher invite cette détermination qui force l'instinct, le reflex, et une certaine clairvoyance, à révéler parfois une réalité pas toujours acceptable de ce que l'on découvre en chemin.

     

     

    brisant souvent  le silence

    mon bâton de marche

     

     

     

     

     

     

     


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  • je suis Debout nuit et jour Debout, dans mes joies, mes tristesses, en silence et en résistance. Debout dans ma tête, dans mes pieds... Debout, courbée dans mon jardin, Debout dans mon sommeil...  Debout,  le front haut, je désobéis aux pouvoirs et j'obéis aux lois du vent. Verticale, face aux jours qui s'écoulent, j'écoute  l'immense désordre des fleurs, des arbres et de toute la faune qui m'entourent, chercher un équilibre précaire pour  un instant de sérénité.

    Face à la vallée et aux montagnes couchées, je me sens vieillir avec l'apaisement et la résistance des anciens.

     

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    Men say they know many things     L'homme prétend savoir maintes choses

    But lo ! they have taken wings...     Mais ces choses ont pris leur essor...

    The arts and sciences,                      Arts et sciences,

    And a thousand appliances;             Et mille inventions;

    The wind that blows                          Le vent qui souffle,

    is all that any body knows.               C'est tout ce que nous savons.

     

    Walden or life in the woods de Henry David THOREAU

    Walden ou la vie dans les bois de Henry David THOREAU


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  • Ce film ne parle pas de Tchernobyl, mais du monde de Tchernobyl dont nous ne connaissons presque rien. Des témoignages subsistent : des scientifiques, des enseignants, des journaliste, des couples, des enfants, ... Ils évoquent ce que furent leur quotidien, et puis la catastrophe.
    Leurs voix forment une longue supplication, terrible mais nécessaire qui dépasse les frontières et nous amène à nous interroger sur notre condition.

    D'après le livre de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015

     

    Parce que Tchernobyl ne fait que commencer ...

     

     

     




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