• barges à queue noire


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  • imposture sur le trottoir

    ça dégouline sur la chaussée

    ça obstrue  les égouts

     

    intelligence corrompue

    nos cerveaux décharnés

    s'entassent dans un service ambulatoire

     

    un peu de neige sur la montagne

    le temps se refroidit

    il tousse il crache

    des morceaux de glace

    des lames de gel

     

    la guerre est là

    partout

    sans raison

     

    elle ne dit rien mais ronge nos âmes

    elle nous ignore et  nous obsède

     

    et toi ?

    quel est ton nom ?

     

    oui toi, qui me regarde de tes yeux noirs sans frontière

     

    tu ne sais plus, tu es perdu ...

    le trottoir absout  tes croyances

    ton corps possède

    les cris les pleurs

    et les ressacs de la mer...

     

    ton coeur est presque froid

     

    de mes montagnes

    la nuit

    je l'entends

     

    avec le vent du nord

    dans mon sommeil

     

     mes rêves grelottent

    sans abri

     

     

     

     

     

     


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    Sentinelles engourdies, les sommets qui me regardent ce soir sont couverts de neige... Ils veillent tels de vieux sages sur un monde qui s'efface derrière les nuages, derrière l'inconstance des arbres qui les esquissent.  Mon cœur les contemple, mes yeux les dévisagent, mon esprit les envisage... Quelques flocons inexpérimentés s'enhardissent vers des hauteurs plus modestes. Se  mélangeant à la pluie, ils s'alourdissent, perdant leur légèreté au profit de leur transparence. 

    Ils disparaissent entre brume et montagne, laissant dans mon esprit le souvenir de leur destin.

    Il y a de l'irrationnel  dans l'air.  Le futur  provoque le passé, le passé résiste au présent. Montagnes et forêts ont perdu la notion d'existence en même temps que la notion de sursis. Les dieux qui les habitent n'ont aucune exigence. Ils ont tout leur temps... tout le plein du destin crayonné.

     

    Wabi et Sabi

    je n’oublierai pas

    les splendeurs de ce monde


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  • Le vent s'est enfin calmé. La yourte se met lentement au repos... et je retrouve le mien ce soir à l'écoute de la  forêt devenue silencieuse. La chouette réinterprète ses chants d'hiver, laissant parfois au renard un peu de place à son appel perçant. L'agitation  peu durer de longues minutes où chacun semble ignorer l'autre n'ayant pour autre souci que celui de se faire entendre par son congénère.

    Une fatigue vieille de quelques jours enlise mes pensées. Le vent a déchargé sa puissance pendant trois nuits sans aucune pitié pour ce qu'il secouait, pliait, arrachait sur son passage. Des pointes de cent vingt kilomètres heures prenaient en otage tout ce qui avait trouvé refuge en urgence, ne négociant tel un tyran aucune alternative.

    C'est ainsi que le vieux cèdre penché, après quinze longues années de résistance, s'est couché sans bruit sur la terre froide de l'hiver.

    Depuis, ses racines se dressent vers le ciel tels des spectres solitaires rompus au silence...

    me laissant  triste et orpheline....

    une prière sans mots accompagne la dernière caresse émouvante que je lui dois.

    Demain il me faudra le débiter.

    Ce grand sage, veillant sur la maison, les oiseaux, les écureuils et les tout jeunes érables plantés sous son ombrage,  s'en est allé sur la pointe des pieds, emmenant avec lui les mystères de son existence.

    Sa dignité, laissera à  la forêt en deuil,  une impression d'impermanence, un désir d'éternité.

     

     

     

    par le vent

    le vieux cèdre s'est incliné

    immortel

     

     

     


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  • Tourné sur une année dans vingt-trois pays, le documentaire s’attache à plusieurs trajectoires d’hommes et de femmes en souffrance partout dans le monde – de l’Afghanistan au Bangladesh, de la France à la Grèce, de l’Allemagne à l’Irak, d’Israël à l’Italie, du Kenya au Mexique en passant par la Turquie. Human Flow recueille les témoignages de ces migrants qui racontent leur quête désespérée de justice et de sécurité. Une nouvelle forme d’humanité que le film a le mérite de rendre ultrasensible. Une humanité déplacée, précaire, privée d’intimité, sevrée d’espérance, humiliée, vivant aux portes des démocraties, dans des camps de fortune. La recrudescence des guerres, l’expansion des iniquités sociales, l’accélération des mutations climatiques ne permettront plus, demain, que ce flux soit endigué. À ce titre, Human Flow tire une sonnette d’alarme que nous ne pouvons plus ignorer. Le plasticien Ai Weiwei signe une oeuvre colossale sur l’ampleur des migrations contemporaines et la tragédie que vivent chaque jour les personnes déplacées. Il saisit l’essence d’un phénomène global, profondément humain, qui ne peut laisser indifférent.

    Diagonal


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    Troublant de beauté et de finesse.


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  • Il faisait froid, il faisait nuit, les heures passaient lentement dans cet abri de fortune où nous nous étions réunis pour les guetter. Nous étions montés à pied depuis Névache dans la neige fraîche, tirant des luges chargées de ravitaillement,  portant des sacs remplis de vêtements chauds et de duvets.

    Arrivés au col, les premiers avaient préparé un peu de nourriture pour les suivants...

    La nuit nous attendait longue et incertaine...

    Quelques tas de neige faisant office d'igloos, quelques tentes aussi, plantées dans la neige, et toute la générosité du monde réunie là, à moins de 1800 mètres d'altitude, attendaient l’éventuel passage de migrants susceptibles de se réfugier en France par ce col à la réputation déjà funeste. Côté Italien les couloirs d’avalanche menaçaient l'étroite montée que ces hommes et femmes ne pouvaient  éviter  dans leur périple.

    Tous les jours, depuis des mois, des guides de haute montagne arpentent les versant enneigés de cette zone considérée, à la recherche des rescapés de cette guerre sans nom.

    Ils nous ont raconté et nous restions silencieux. Mon cerveau semblait figé par toute cette barbarie... Ce que j'entendais ne me paraissait tout simplement pas recevable... Mais que je le veuille ou non la réalité ne s'encombre pas de mes effrois, elle bâtit son existence là où l'histoire se compose de joie, de peine, de bonheur, d'horreur d'équité ou  d'injustice. Elle s'ancre ainsi, féroce et vulnérable, dans l'existence des hommes.

     

     

    se joignant à nos efforts

    la lune ce soir là

    prit  son tour de veille

     

    col de l'Echelle,  nouvel an solidaire

     

     

    col de l'Echelle,  passage de migrants

     

     

     

    photos

     

     mediapart tribune

     

    pétition d'un citoyen de Nevache

     


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  •  

     

    même en hiver...

     

    sans beauté

    la neige

    devient juste embarrassante

     

     

     

     


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  • bois  de chauffage

    la tronçonneuse

    rompt mon dos

     

     

    combien d'années encore

    la montagne vieillit

    sans que je m'en aperçoive

     

     

    le temps reprend au temps

    le rien, le vide, le néant

     

     

    c'est le vent

    sans cesse

    qui retient mon sommeil

     

     

     

     

     


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  • vent du nord

    aux habits lourds d'hiver

    devant la porte

     


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  •  

    Vincent Munier


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  • tout ouvert

    le petit atelier de peinture

    consulte la vallée

     

     

    les oiseaux  traversent le chantier

    sans intérêt

    pour le parquet que nous clouons

     

     

    un vent glacial

    descend des montagnes

    brûlant mes doigts gelés

     

     

     

     

     

     


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  • carnet de poésie fermé

    les mots s'installent

    dans la forêt, dans le jardin


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