•  

    la Terre reprend son souffle

    usurpant le notre sans défense

     

    et nous mourrons sans ordonnances dans un monde incompris

     

    petit virus au pouvoir de titan, tu gagnes sur notre ignorance un temps de repos pour notre planète,  un temps d'arrêt illimité à notre verticalité délétère.

    certains te devinaient sans y croire, perdu dans les entrailles d'une bête agonisante

    sans te savoir si proche de nous

    si proche de notre déclin

    d'autres refusaient même de t'imaginer, tant leurs préoccupations irrationnelles  asphyxiaient leur bon sens

     tu traverses notre histoire sans chercher à négocier

    les civilités ne font pas partie de ton protocole vital, tu en as cure de notre souffrance,  et nous ne pouvons comprendre ta complexité

    il se pourrait bien que nous restions sourds à ton  défi

    nous savons tout juste te définir, les mots nous manquent pour te trouver une brèche, une fissure, une sortie.

    alors tu ronges nos cœurs et nos poumons, tu grignotes notre patience, tu gangrènes notre courage, harcèles notre résistance 

    ton droit d’existence est presque légitime

    il nous revient comme une réponse au fléau que nous sommes

    il nous invite à nous glisser sans condition vers ce nouvel ère à peine pensé que pourrait être le "Symbiocène" (merci Monsieur Glenn Albrecht)

     

    au jardin  au rucher

    la montagne célèbre les esprits épargnés

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  • aujourd’hui

    c'est la mer qui me manque

     

    le chant des oiseaux revenus de ce côté du rivage glisse entre les nuages pour ne jamais atteindre mon attente

     

    je reste sans voix

     le silence me menace

     

    mélancolique, peinant à espérer

     

    face à la montagne

    je fais naufrage

    sans défaite

     

    la colère, l'impuissance, la tristesse, rongent heure après heure mon courage... et les nuits me remplissent de folies imprévisibles

     

     piégée dans mon ventre cette faillite mondiale me donne la nausée

     

    prison à ciel ouvert

    j'ouvre les yeux

     

    un circaète salue la montagne de son chant de retour

    un aigle royal  lui rappelle de prendre ses quartiers sans prétention

    ramassant les poils du chien devant la porte, un pic épeiche fait son nid dans un arbre juste en dessous de l'atelier

    les sittelles toujours tapageuses prennent possession de tous les recoins cavernicoles disponibles

    de bois et de jardin les grimpereaux chuchotent leur amour aux arbres

    et sous la mangeoire toujours le même combat pour quelques graines perdues

    des palombes, sans nul doute, un autour a tué une de mes poules

    dans la serre les semis germent et poussent avec force et raison

     

     la folie des hommes aurait pu s'arrêter à la frontière de ce bout du monde, mais je lui ai parlé de mon chagrin... et elle, de sa contagion nuisible a contaminé sans invitation, mon cœur déjà bien trop  instable

     

    la beauté de ce printemps désordonné

    comme  un sacre sans lamentation

    entraîne mes pensées vers une dissidence que je souhaite sans retour

     

     

    appartenant à la Terre

    jusqu'au virus

    qui la fait trembler

     

     


    1 commentaire
  •                 

    Écrire comme on improvise une musique un chant un dessin. Supprimer les remparts sémantiques d'une langue qui s'en construit par débauche de temps, par excès de peur, par hypertrophie, par embarras, voilà une aventure séduisante ou toute fraude intellectuelle est indiscutablement limogée. Les pensées s'affranchissent et cherchent d'autres errances possibles, explorent un autre monde, effleurent l'inconnu, se licencient d'elles mêmes.

     

    Ce matin comme tous les matins, je me suis levée avant le chant des oiseaux, avant le jour, avant que les dernières étoiles se dissipent derrière les montagnes. Le chien,  me regarde sortir dans la nuit fébrile.  De de la nuit, quelques rêves nomades tremblent dans ma tête, galopent sur mes pieds nus.

     

    La vapeur de mon urine s'élève avec la brume de la forêt et cette forêt de brume garde la nuit en son ventre gonflé d'attente.

     

    Comme tous les jours j'agis par dénuement, par désir, par tentation, par besoin. Le rythme est juste à la mesure du temps qu'il me reste. Jardin, forêt, atelier, je vais là où je dois aller et je fais ce que je dois faire. Les gestes s'adaptent avec détachement, mes doutes laissent place à la confiance de ce qui me nourrit.

     

    face à ce temps qui passe si vite, pleine de ceux que j'aime, vide du reste, je vais d'un pas tranquille à la rencontre d'un jour anonyme.

     

     

     

    Le vent s’arrête

     

    immobilisant avec perfection

     

    les bruits de la forêt

     

     


    votre commentaire
  •  

     

    souffle lent sur la forêt en veille

    elle fait son histoire

    avec ce qui lui reste

    ses mousses ses lichens

    ses arbres en désordre

     

    ses tableaux si soudain

     

     

    la brume se lève

    remplissant

    mes poumons de nuages

     

     

     

    tant d'oiseaux sur les mangeoires

    un traité de paix provisoire

    au destin imprévu

     

     

     

    le chien nordique dans sa fourrure d'hiver

    sans hiver

    et son regard noir sur tout ce blanc

    sans neige

     

     

     

    si loin des villes

    des bruits inutiles

    des agitations perdues

     

    tournant le dos aux hommes

    je deviens forêt au milieu des montagnes

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    il y a des mots, des verbes des compléments qui peinent à trouver un sens, une voie, un chemin... ils se rassemblent en vrac dans la tête, ils se bousculent sans ardeur dans un paysage sans perspective.

    la simplicité se replie sur son insaisissable résistance à la fatuité sans jamais jamais abdiquer

     

    histoire de saisons, de temps de sédentarité,  la yourte n'a pas résisté à la sécheresse. La toile s'est fragilisée, grillée par des étés sans pitié, doublés de pluies d'automne totalement indomptées. Elle s'est laissée tout bonnement dépérir.

     

     

    cœur lourd

    du tonoo au dernier pan de feutre

    la yourte rend à la terre son espace

     

     une toute petite caravane abrite mes nuits

    j'entends toujours les chouettes et les renards...

     

    la pluie aussi

     

    et les tempêtes distraient  mes insomnies

     

    rien n'a vraiment changé

     

    chaque jour

    je reprends mon travail d'hiver

    la tête toujours trop pleine

     

    de ces regards sombres qui nous condamnent à notre ignorance

    de ces humains aux mains tendues

    engloutis par la vanité des peuples arrogants

     

    trop pleine des yeux noirs de cet homme assis dans la rue, toujours à la même place, silencieux, modeste, digne. Son élégance vient de cette usure que seule la rue peaufine avec tant d'insolence.

    Je lui donnais une petite cinquantaine d'années, mais il m'a dit qu'il fêtait tout juste ses trente trois ans... dont au moins dix sur le trottoir, assis dans l'absence et la survie.

    Je le vois très rarement

    je vais si peu en ville

    et celle qu'il occupe est loin de chez moi

     

    je le rencontre pourtant depuis dix ans

    lui parle

    lui donne ce que je peux

    mon presque rien

    mon regard

    mes pensées

    mon sourire

    mais rien dans ses prunelles ne bouge

    rien dans son sourire ne prend réalité

    assigné à résidence dans ce froid d'hiver qui ressemble à rien

    il a oublié pourquoi il était là...

     

     

     

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  •  

     

     quelques couleurs d'automne

     

     par dessus les reliefs

    souverains dissidents

     

     

     

    fanées

    les feuilles rendent à la terre

    sa noblesse énigmatique

     

     

    lettre sans mots

    pour un cœur immobile

     

     

    la crise passe en mode indéterminé

     

     

    pour un départ sans passé

    pour un retour sans avenir

     

    l'éternité est un cauchemar

    en amont et en aval

    d'un fleuve

    en désordre

     

     

     thé essoré

    dans le compost

    le divin s'empare du tas

     

     

    macha macha

    au fond de la tasse

    sans cérémonie

     

    ton ombre rejoint la nuit

     la lune

    et mes insomnies

     

     

     

     

     

     


    1 commentaire
  • au fond qu'ai je à espérer de cette part de monde vissée à son ignorance comme une huître à son rocher...

    la planète se consume  dans nos cerveaux et nous sommes en exil de nous mêmes

    à la dérive

    au fond d'un caniveau qui porte à la mer les résidus d'un monde en déliquescence

     

    le sommeil me surprend au bout de la nuit

    à l'heure où Sud Sud Est Orion lève son arc vers Aldébaran

    les chouettes se taisent 

    mais depuis que l'Univers existe

    il ne se passe presque rien

    rien..

    et dans ce rien rempli de millénaires

    Orion solennel dans  son éternité ne décochera jamais sa flèche

     

     

    le temps se soustrait à sa propre contrainte

     

    à chaque contraction de la terre

    l'espace se dilate dans mon ventre insoumis

    alors que ce rien millénaire

    palpite sans sursis

    dans chaque sillon de mon jardin

     

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    où sont ces larmes amères capables d'éteindre la folie de ce monde

    le feu brûle les derniers poumons  de notre terre...

     

    comme un souffle délétère

    qui

    se dilate autour de nous

     

    une à une

     

    les forêts s'embrasent de colère

    les mers débordent de chagrin

    les terres se craquellent de confusion

    les jardins épuisent leurs dernières ressources.

    La planète perd ses forces

     

    divagation toxique

     

    les portes de l'enfer et du paradis se sont bloquées

    et celles du purgatoire claquent au vent

     

    vertige

    la Terre  frissonne 

    du vertige des hommes

     

     

    la chaleur a tout brûlé

     

    la forêt retient

    ses larmes

     

    mais pas son cri

     

     

     

     


    2 commentaires
  •  

     

    Une dissolution des sens, des perceptions, des pensées. Un cœur blessé, un esprit en transit... Je n'en ai aucune idée, mais quelque chose entrave la volonté de communiquer avec les dieux

    et rejette mes habitudes loin de mon quotidien

    nul envie de savoir... de contrôler, de gérer

    juste laisser faire en me rappelant que je  ne suis que de passage

    et  le rêve s'obstine à se perdre dans des forêts de plus en plus denses

    clair-obscur difficilement partagé

    les places sont chères les enjeux sans condition

    nul envie d'en sortir

    laisser faire encore 

    la forêt ne prend que ce dont elle a besoin.

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    ce matin encore, le jour se lève comme par miracle, comme par cauchemar.

    de la nuit il ne reste que quelques gouttes de rosée sur les herbes hautes que je me refuse de couper.

    sous chacun de mes pas, des milliers de vies s'agitent dans la douceur des herbes couchées.

     

    le jardin

    mon refuge

    mon chemin

     

    donne à ma raison, la conscience  de ne pas échouer, de ne pas craquer...

     

    aucune terre ne peut comprendre mieux que ma terre

    ce qu'elle a fait de moi

     

    elle me taille à la serpe

    me forge à la volonté de ne pas espérer inutilement

    me bâtit aux saisons

    me burine au soleil et au vent

    et fait de mon âme un espace infiniment ouvert

     

    toutes les plantes qui poussent autour de moi ont germé sur ce sol nourri de tendresse et  de maux de dos

    il faut des années de doute pour franchir la porte d'un jardin comme celle d'un paradis aux dieux infinis

     

    fermant les yeux

     

    je me dépouille de l'utile et de l'inutile espoir

     

    tant de mercenaires massacrent nos peuples, nos parents, nos enfants

    le pire semblait avoir été commis il y a soixante dix ans et on découvre aujourd'hui le pire du pire... une surenchère du mal, connue et  reconnue par tous.

    et là

    on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas...

     

    soulevant une feuille de salade

    pour parler à l' escargot

     

    de

     

    ces cadavres de migrants

    flottants dans ma tête

     

    de

     

    ces yeux noirs

    sans étoiles et sans larmes

    qui hantent mes nuits

     

    de

     

    ce tant et tant et beaucoup de trop

    qui alourdit le cœur

    des naufragés

     

     de

    de

    de....

    il va  de ces jours où la conversation avec un escargot prend des modulations de croisade. Le ton monte face au silence et l'envie de prendre les armes devient une tentation obsédante.

     

     

    ni ange ni démon

    sous la feuille de salade

    la colère n'oublie pas l'escargot

     

     

     

    Usaida, pour survivre dans l'eau, cette petite syrienne s'est accrochée à un cadavre de migrant noyé.

    https://blogs.mediapart.fr/eugenio-populin/blog/280619/roberto-saviano-mare-non-esistono-taxi

     © Giorgios Mutafis

    © Giorgios Mutafis

     

     

     

     


    votre commentaire
  •  

     

    de la montagne

    ce souffle léger si léger

    la mer en reprend la rumeur

     

     


    votre commentaire
  •  

    puis je encore espérer parcourir un jour ce long voyage à pied qui hante mes pensées ?

    mon courage soudé à une parcelle d'inconscience  se fait et se défait sans raison... la volonté abandonne parfois mes rêves, mais jamais suffisamment pour me convaincre du contraire... si je me décide, il me faudra des semaines de marche solitaire pour atteindre un but sans but... pour atteindre ce fragment de cet être discret  dont je ne sais rien.

     

     

    le vent encore le vent

    toujours

    dominant

     

     

    et  tu chavires, dans ton incertitude, toi climat dont on parle sans relâche,  vers cette sombre inconnue sans héritiers...

     

    comment faut-il le dire ?

    le hurler peut-être ?

    ... sortir les armes invisibles,  brandir les derniers murmures présents...

     

     

    au cœur des montagnes

    la yourte se nourrit de silence

     

    monts et vaux se soustraient à l'usure du temps

    succombent à la nuit sans lune

     

     

    assise dans la nuit

    sans aucune histoire à raconter

    le soupir des constellations

     

    la folie des hommes, pour les hommes, par les hommes... intoxique leur raison, consume leur intelligence, détruit leur pensée, corrompt leur imagination... 

    et cette guerre sournoise, travestie en imposture intellectuelle, résigne le monde en abnégation, ruine un peuple muet déjà à genoux...

     

    me réveille la nuit

    en sueur en pleur en tristesse en rage

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  • goutte à goutte

    la pluie frappe la taule de mon atelier

    sans aucune variation

     

    pas un souffle d'air

    les herbes souples se replient sur le bassin

    leurs courbes régulières apportent une douceur insoupçonnée aux heures lentes de la journée.

     

    Cette pluie m'endort

     

    à la beauté de ces instants organiques

    s'ajoute la complaisance  de mon petit atelier

     

    quelques notes de piano

    ouvrent une voie déterminée

    vers la consolation

     

     

    la beauté traverse mon âme

    je l'entends

    exporter mes émotions

     

    une ébauche de sculpture

    attend mon réveil

     

     

    quatre tritons au fond du bassin

     

    en nombre involontaire

    grenouilles et poissons se glissent dans les roseaux

     

    une salamandre dans le jardin

     

    tant et tant d'abeilles aujourd'hui, privées de sortie

     

    trente neufs espèces d'oiseaux recensés

    des fleurs que j'avais oubliées

    des herbes frôlant le bout de mes doigts

    soixante érables du japon dressant leurs feuilles dans le plus impeccable des désordres

     

    un  printemps de plus...

     

    de tout jeunes plans toujours à l'abri dans la toute petite serre

     

    la maison se cache sous les arbres

    la yourte derrière les herbes

     

     

    cette pluie  ne cesse de frapper le toit de mon atelier

     

    dans sa fourrure d'un blanc arctique

    les yeux noirs du chien d'une infinie tendresse

     

     

     loin du monde

    sans regret

     

     

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  •  

     

    sans humeur

    ni bonne ni mauvaise

    je m'inscris dans le temps avec une lenteur méticuleuse

     

     dans la yourte le poêle a repris un peu de service

     

    sans lune sans bruit sans vent

    la nuit déplie sa face obscure

     

    encore et encore

    obstinément

    mes illusions se métamorphosent

    en chimères perdues

     

    enlevant les ponctuations de mes rêves

    les majuscules de mes angoisses

    le texte nu

    délivre

    sa chair

    sanglante

    aux saisons fatiguées 

     

    et ce silence qui inventorie les absences

     

    rien que des murmures 

    des lamentations

    des rumeurs

    déjà oubliés

     

    puis de rien

    la colère assiège mon sommeil

     

    en otage

    je serre ma dernière arme sur mon cœur

    encore chaud

     

     

    et ce silence

    qui devient trop silence

    consume les songes de la montagne

     

     

    sans bruit

    sans vent

    sans pluie

     

     

     

     

     

     


    3 commentaires
  •  

    terre de ces peuples inconnus, je te tourne et retourne avec pudeur vers une nouvelle saison, te visite en surface pour connaître ta fertilité.

    Ton odeur féconde n'apaise guère  mes incertitudes chroniques  contractées au fil du temps.

    Le soleil brutal de ce printemps bien trop chaud  t'accable franchement, plongeant les touts petits et les rampants plus loin dans tes moiteurs cachées. 

    Trente cinq ans déjà, que tu glisses entre mes doigts fatigués, me livrant chaque année davantage à mon incontournable destin

    C'est à genoux que je te soigne implorant ta connaissance

     et t'imagine m'observant à ta manière

    avec l'inconstance des  grands Sages.

     

    glissant entre mes doigts

    oh terre de mon jardin

    avec cet étrange vent chaud

     

    aujourd'hui c'est le bleu du ciel, qui m'effraie...

    son éclat acharné me rappelle l'inquiétude de cet avenir désorienté...

    C'est ainsi que la beauté avec ses allures de paradis, adopte son genre cruel, son élégance dissidente, son arrogance meurtrière.

     

     

    dans les rues

    les  enfants de ce monde hurlent leurs rêves

    affolés par  leurs cauchemars

     

     

     

     

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique