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  • Il arrive parfois qu'au delà des rêves, naissent des instants  consacrés. Ces micro événements, semblent ponctionner dans nos mémoires tout ce dont ils ont besoin pour nous désorienter. On oublie ce qu'on est et qui on est. On change de genre et d'espèce, on change de doute et d'attente, on perd le sens circulatoire de nos pensées. On devient arbre, montagne, forêt, océan, rivière. On vole, rampe, nage, mord, pique. On meurt et on renaît. L'enfer devient un paradis et le paradis, un décor de cinéma. On ne sait pas si le réveil sera salutaire ou toxique, alors on ergote sur les conditions de passage...

    Chaque jour je contemple les herbes pousser, j'entends les fleurs s'ouvrir, les arbres grandir... Chaque jour, je me dis qu'il n'y a rien de plus beau que l'état sauvage des choses, il n'y a rien de plus puissant que cette volonté de vivre et de survivre qui préoccupe toutes espèces confondues à l'heure du désastre...  J'attends sans bruit, que la nuit prenne le relève de cette tâche ultime qui consiste à récupérer  nos fragments de  souffle entre les étoiles. Chaque nuit je regarde l'Univers à travers le tonoo de la yourte en prenant conscience que notre monde ne résistera plus longtemps aux tourments qui le harcèlent, mais qu'à l'échelle de l'Univers, cela n'a finalement aucune importance ...

     

    le jardin s'ouvre cette nuit

     comme chaque nuit

    à la nuit ....

     

     


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  • Tourné sur une année dans vingt-trois pays, le documentaire s’attache à plusieurs trajectoires d’hommes et de femmes en souffrance partout dans le monde – de l’Afghanistan au Bangladesh, de la France à la Grèce, de l’Allemagne à l’Irak, d’Israël à l’Italie, du Kenya au Mexique en passant par la Turquie. Human Flow recueille les témoignages de ces migrants qui racontent leur quête désespérée de justice et de sécurité. Une nouvelle forme d’humanité que le film a le mérite de rendre ultrasensible. Une humanité déplacée, précaire, privée d’intimité, sevrée d’espérance, humiliée, vivant aux portes des démocraties, dans des camps de fortune. La recrudescence des guerres, l’expansion des iniquités sociales, l’accélération des mutations climatiques ne permettront plus, demain, que ce flux soit endigué. À ce titre, Human Flow tire une sonnette d’alarme que nous ne pouvons plus ignorer. Le plasticien Ai Weiwei signe une oeuvre colossale sur l’ampleur des migrations contemporaines et la tragédie que vivent chaque jour les personnes déplacées. Il saisit l’essence d’un phénomène global, profondément humain, qui ne peut laisser indifférent.

    Diagonal


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    Troublant de beauté et de finesse.


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  • bois  de chauffage

    la tronçonneuse

    rompt mon dos

     

     

    combien d'années encore

    la montagne vieillit

    sans que je m'en aperçoive

     

     

    le temps reprend au temps

    le rien, le vide, le néant

     

     

    c'est le vent

    sans cesse

    qui retient mon sommeil

     

     

     

     

     


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  • carnet de poésie fermé

    les mots s'installent

    dans la forêt, dans le jardin


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  • chaque goutte de pluie

    rend à la terre

    ce qui lui appartient


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    900km sur la route 138, pour arriver dans la réserve la plus éloignée de la côte Nord : Nutashkuan ! L’immensité de l’espace, la neige, et le blizzard ….

    « Expérimenter le tact de la vue lorsque nos mains sont privées de leur fonction première ». La neige brûle !

    À l’instar de nombreux artistes actuels (Clément Cogitore, Evangelia Kranioti) qui vont chercher aux marges de notre monde, des promesses d’habiter autrement l’espace, la nature et l’expérience du vivre ensemble, Agnès Peeters nous rapporte un film poético-politique qui nous concerne tous.

     

     

    Sur la route de la perception

    Dès les premières images du court-métrage Nutashkuan, 13 février 2017, nous pressentons que la dimension politique sera affaire de perception, avant d’être une question de message ou de revendications !

    En innu Nutashkuan signifie « là où l’on a pris l’ours noir » ! Les Innus qui habitent dans la région de la côte-nord au Québec et au Labrador n’ont jamais suscité la passion des occidentaux (comme les Inuits par exemple), si ce n’est pour les nombreuses richesses que leur sol recèle, et les convoitises qu’elles suscitent de la part de compagnies industrielles, peu scrupuleuses de questions ethnographiques, ou esthétiques !

    Avec leur manière singulière de vivre, leur rapport à l’amour ou à une nature omniprésente dans les images du film Nutashkuan,13 février 2017, cette population amérindienne du Canada a toujours refusé d’être assujettis à la loi canadienne sur les indiens. Menacée d’extinction, tout comme leur langue qui part en lambeaux, à l’image des plans des ruines de la patinoire au début du film, cette communauté a décidé de renaître, malgré les menaces écologiques qui pèsent sur la pêche du saumon, ou les pressions financières en tout genre.

    Si Agnès Peeters met pleinement son court-métrage au service d’une minorité qui vise à reconquérir sa reconnaissance politique, la force de son film est d’outrepasser la simple démarche documentaire pour accéder à un lyrisme parfaitement maîtrisé.

    « Laisser l’espace définir ce que nous sommes, en tant que femme, en tant qu’homme... », la première phrase du film donne la tonalité poétique de ce court-métrage. La narration faite d’événements mêlant la vie de cette communauté à des moments aussi différents que la signature d’un contrat économique, l’enterrement d’un membre de la communauté, la reconstruction d’une patinoire, apporte ce qu’il faut d’action à l’onirisme porté par un paysage enveloppé de neige.

    La renaissance d’une réserve indienne Nutashkuan

    Agnès Peeters a diffusé, jeudi 12 novembre, l’avant-première de son court-métrage aux habitants de la communauté à l’occasion de l’inauguration officielle de l’aréna de Nutashkuan. Une patinoire qui bénéficiera aux jeunes de la communauté, et qui symbolise la fierté d’un peuple qui résiste, tant bien que mal, au rouleur compresseur de l’homogénéisation capitalistique. Dans le cadre de l’inauguration officielle de l’aréna de Nutashkuan au Canada, tous les Chefs des Nations Autochtones du Nord du Canada y étaient conviés.

    « Nous avons besoin d’eux et de leurs manières de «sentir» de «voir» d’utiliser nos sens ». Agnès Peeters est peintre. Son film témoigne du désir de se greffer à la subjectivité de Nutashkuan porteuse de nouvelles manières de penser notre rapport au cosmos, et à l’idée même de communauté.

    « Je vois le lien avec notre période Renaissance en Europe. Ici il y a vraiment un essor à tous points de vue, alors que l’on dirait qu’en Europe tout se meurt, ou que le chaos est omniprésent…Prendre le temps de les connaître, à leur rythme, faire les choses par «amour», avec plaisir, ce plaisir est si important si l’on veut partager, j’aime cette communauté pour la passion qui s’en dégage, la vérité, au-delà de la mafia, pas le temps aux enfantillages. »

    Un film engagé

    À l’heure où la question « d’être de gauche » en France devient crépusculaire, tourne au règlement de comptes nauséabonds, et finit sur une partition digne d’un vaudeville, il est bon de prendre l’air du grand Nord !

    Le philosophe Gilles Deleuze aimait rappeler ce bon critère du discernement poético-politique :

    « Etre de gauche, c’est reconnaître et c’est lutter pour faire en sorte que des minorités puissent s’accomplir. Etre de droite c’est partir de soi-même comme pour une adresse postale : moi, la rue où je vis, la ville où je réside, le pays, l’Europe et le monde. C’est penser le monde comme une sorte de menace qui pourrait abolir la situation présente, celle d’être privilégié et de vivre dans un pays riche. Etre de gauche c’est l’inverse, c’est prendre autrement l’adresse postale : d’abord percevoir le monde, ensuite l’Europe, ensuite le pays, la rue où je vis, enfin moi. Ce n’est pas une affaire de belle âme, ni une affaire de morale, c’est une affaire de perception. »

    De ce point de vue le film d’Agnès Peeters est magnifiquement engagé !

     

    Libé


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