lune timide l'ombre de la chouette fait tomber un peu de neige
monde flottant le vent déforme le reflet des roseaux
comme dans un ventre la chaleur ronde de la yourte devant la fenêtre la mère berce son enfant sur la toile de la yourte le bruit de la pluie remplace les mots au dessus de la vallée il ne se passe presque rien rires d'enfants
laissant la plage deux hommes s'enfoncent dans la brume par dessus les chants d'oiseaux que des bruits d'ailleurs vol de grues en formation deux d'entre elles rebelles
sur la buée de la fenêtre je dessine la forêt absente les mélèzes s'écoulent sur la vitre embuée le contour de sa bouche chaude sur le carreau glacé la buée déforme les toits des maisons condensation à la fenêtre la lune tremble
silence - au bout du fil j'entends la pluie
sur le bord du chemin poussent des fleurs qui attendent la pluie les hortensias fleurissent loin... sur la tombe de ma mère trop chaud le soleil tire les rideaux
temps pourri les martinets rasent les toits dans le pot à plumes dépassent celles des vautours
Effrayé en ville, par l'agitation désordonnée des passants, on ne voit que des cadavres ambulants. TU LONG (1542- 1605)
à l'ombre des secrets se chuchotent d'autres secrets ... à l'ombre de la beauté voilée se cache l'incertitude d'une jeunesse meurtrie et d'une nouvelle force de vie ... Superbe !!!
ma main s'ouvre sur la terre des montagnes frontière des saisons est-ce la forêt qui attend ? me parlant de ses abeilles une odeur de miel traverse son regard sur ce versant de montagne la vie cherche son battement tout est à apprendre ma main se referme...
le vent tourne les feuilles une à une reviennent au pied de l'arbre
quelque part sur un rocher assise face à la mer réchauffant mon dos les rayons d'automne accompagnent les oiseaux
pour qu'un haïku soit vivant, il faut que chaque trait, chaque lettre qui le compose soit vivant...
Fukushima ! le tricycle du petit frère
automne ombres et lumières allègent le feuillage avant dernière saison un peu de fraîcheur le matin en ville... je viens je pars pour finir ailleurs fin de l'été un oiseau solitaire sur l'étang entouré de déchets
magnifique !!!!
faites de la politique si possible autrement ...
moitié de traces sur la neige dispersée le reste a disparu
sur la table les laines multicolores pour un petit bonnet d'enfant des mocassins tout petits pour l'hiver son enfant dans le dos elle avance lumineuse tranquille le vent dans les arbres tranquilles le bois crépite maille après maille sous la lampe de...
et en guise d'adieu son battement d'ailes
deux ans sans revoir son visage ses gestes habiles oeuvrent dans ma mémoire d'un trait de pinceau je pousse le vent
sous le soleil pâle pâle flotte une odeur de terre torrent de montagne une fleur se penche traversant les nuages pour leurs noces un couple de faucons sur l'étagère mes pinceaux pendent dans le vide
Un temps de grâce et de succès laisse toujours après lui l'amertume. Plus on séjourne dans le détachement et la quiétude mieux on en apprécie la saveur Tu Long (1542- 1605)
je regrette de ne pas avoir de jardin à retourner, de terre à amender, de premiers semis à préparer... ça me manque comme une respiration... sans jardin mes mains inutiles se souviennent des gestes