accroché aux perches de la yourte le hamac balance son bébé endormi assise contre le mur chaud le vent tourne les pages de mon livre coin de la pièce mon sac à dos plein parapluie ouvert sous les grosses gouttes de pluie la pluie efface les odeurs de...
alors que les éditeurs en mal d'auteurs nous proposent de plus en plus n'importe quoi sous l'appellation haïku... alors que les anthologies encombrent, sans jamais être lues, ou tout juste, les rayons poussiéreux des bibliothèques. Je réalise combien...
Je doute et trébuche sans cesse sur le regard que je porte sur ce que mes yeux me donnent à voir... Je suis riche de ce regard, je suis pauvre de ce qui me reste invisible... Les oiseaux m'ont appris tant de choses... les arbres me font de moins en moins...
regardant la montagne les incertitudes de la plaine derrière moi les vallées se resserrent sombres et froides au dessus le ciel change bleu indigo les ronces perdent leurs feuilles les épines durcissent quelques gouttes de sang empilé en tas l'odeur acide...
Grignotant un peu de jour, avant que celui-ci reprenne sa lente progression vers le solstice, la nuit allonge encore de son ombre froide les quelques minutes matinales que je souhaiterais déjà voir lumineuses... La pluie froide semble porter la neige...
eaux dormantes les nénuphars éclosent flegmatiques ... Sur la rivière verte et profonde, l'enfant assis au milieu de l'embarcation, calme peu à peu son excitation première... le silence, lui rappelé-je est la seule condition, d'observation possible.....
Sur la page encore blanche, un carré de lumière se déplace à la vitesse du soleil. Cette blancheur fascinante, m'hypnotise... Plongeant à nouveau le pinceau dans l'encre noire je réfléchis à la manière que cette page me pousse à l'investir. Je tourne...
le vent et le froid me gèlent les mains et les joues... les larmes se forment au coin des yeux et encombrent ma visibilité... Peu importe... je pédale à toute pompe d'un bout à l'autre de la ville vers ces enfants qui m'attendent chaque jour... je pédale...
Une fois de plus la publicité impose son diktat sur les blogs sans l'accord de ceux qui les utilisent. Cette contrainte nous est imposée sans condition. En ce qui concerne "haïku nomade", je ne peux que vous inviter à utiliser adblock et le télécharger...
Et si la faculté d'imagination de nos enfants, était, tel un cerf-volant, retenue par l'école ? De la France à la Chine de l' Allemagne aux États Unis, Alphabet questionne un système éducatif qui privilégie la performance au détriment de la créativité...
c'est peut-être ça grandir... !!! c'est avant tout apprendre à aimer... librement... c'est lâcher l'inutile !! c'est plus qu'un pas de géant qu'on fait à cet instant du relâchement... On pulvérise tout simplement en silence tout le décor de notre existence......
Nomades !! ces derniers nomades d'un temps qui n'existe plus, laissent la place à d'autres itinérances. Construits en marge d'une société lénifiante qui s'épuise d'ennui et qui s'efforce de chercher quelques raisons de survie loin de sa médiocrité, les...
d'après un roman de Yasuhiko Tagiguchi dont le cinéaste Masaki Kobayashi (l'auteur de Kwaidan en 1965) réalisa en 1962 une superbe adaptation, Takashi Miike a osé relever le défis et faire un remake de ce classique du cinéma japonais... Mise en abîme...
une petite place entre les arbres quelques mètres carrés pour rêver piochant la terre - un scarabée doré glisse sur le talus chaleur de midi sans chant d'oiseau le vent se lève sous la tente le claquement des voiles stationnaires d'arbre en arbre deux...
nuit d'été la forêt puise l'eau du ruisseau nuit d'été les étoiles rebondissent sur les pierres du cours d'eau rochers moussus la bave des limaces s'enchevêtre sans explication à la ceinture un petit sac se remplit de plantes médicinales et tinctoriales...
caressant l'écorce du vieux hêtre comme un vieil amant mes doigts discernent la respiration de ce plusieurs fois centenaires sans neige ses branches sans feuilles fléchissent sous ses racines nouées un petit trou fraîchement creusé toutes ces années immobiles...
ce soir j'ai juste envie de me souvenir de choses sans ombre et sans discours.... retour de cette grande marche contre la terreur et pour la liberté de penser, où nous étions pas loin de 100 000 personnes, ce que je n'ai pas de mal à croire... j'ai l'esprit...
"il était une fois en Anatolie" est un film dont on ne sait pas au juste ce qu'on attend... Sombre, autant par ses hommes aux humeurs changeantes qui occupent tout l'écran pendant 2 h30 que par son paysage d'hiver monotone et glacial... Mais voilà, il...
... les matins où je m'occupe d'elle, je me réjouis de la revoir... elle m'attend, je l'attends... nous sommes toutes les deux tenues par un mystère qui n'en est pas un... les matins où je suis près d'elle, tout devient étrangement limpide... instinctivement,...
la main de l'enfant se pelotonne dans la mienne... je resserre doucement mes doigts sur les siens... Avec la force d'une survivante je respire le souffle qui passe dans nos cheveux... l'herbe du pré chatouille le petit menton tout rond de la fillette......
la pluie ruisselle contre les vitres... la ville est noire... il fait presque chaud... l'eau s'infiltre sous les tuiles et imbibe le plafond... Entêtée et imprévisible, elle se fraye un autre passage le long des montants des fenêtres... le mur en pierres...
devant la rivière qui s'écoule tout en clapotant son histoire, je regarde sans la voir la berge d'en face... mes pensées ont dépassé ses limites... en un rien de temps, elles ont traversé les forêts, les montagnes, les continents, et se trouvent déjà...
Premières images, des femmes avancent vers leurs cimetières respectifs dans une danse funèbre à la cadence sinistre d'une marche qui se fracture sur une terre escarpée... Elles sont libanaises, pleurent à tour de rôle leur père, leur mari, leur frère,...
rizière paisible la fraîcheur des rivières retient ta splendeur et ce vent qui revient en pleine nuit nocturne le chant des grenouilles passe d'une constellation à l'autre dans le duvet me retournant sous les étoiles route solitaire mon bon sens vieillit...
26 avril puis premier mai 1986... c'est le printemps, le petit monde rural s'affaire et se prélasse dans la douceur des jours heureux.. Tout revit, la nature généreuse dispense sa beauté sans retenue, et personne ne sait que cela ne sera que de courte...