C'est le temps du changement, le temps des couleurs, le temps de la lumière désordonnée, le temps du flottement, le temps de la clairvoyance, le temps du retrait... Le rouge éclatant des érables, et des hêtres donne le dernier ton de chaleur au ciel......
Il est tombé cet été... Une nuit de tempête l'a brisé. Il était né entre les rochers de granit, avait grandi là, sur cette terre sans manière, avec laquelle il avait négocié chaque année de sa vie, un peu plus de profondeur, un peu plus de surface......
matinée glaciale dans la maison le feu s'est éteint du vieux cèdre penché les graines s'envolent avec l'aide des oiseaux s'inclinant de plus en plus vers le sol qu'il soulève de ses racines sur l'arbre penché le nichoir suit le mouvement terre gercée...
l'an prochain, je repartirai au Japon... il me faut maîtriser davantage cette langue compliquée... les cours de japonais s'amoncellent autour de moi, comme les nuages dans le ciel lourd d'été .... de temps en temps, l'orage éclate, me coupant de toute...
ce sont les nuits que j'aime le plus... lorsque le silence se fait tel, que j'arrive à l'embrasser... lorsque la lune pleine, s'enfile dans le moindre recoin du sous bois, ne laissant rien au hasard prospectant le moindre soupçon de ténèbre... lorsque...
Lors de son bref passage à Montpellier... nous nous sommes égarés Daniel et moi une bonne heure dans le jardin des plantes. Assis sur un banc... sans bouger, nous croquions en quelques mots dans nos carnets, tout ce qui nous entourait.... paupière dorée...
la présence des montagnes des eaux et des forêts, le long travail d'écoute que me demande la plus insignifiante des approches vers leur langage... approfondissent l'acuité de ma perception des choses... quoi de plus naturel ? quoi de plus évident ? Alors...
fin de journée, le soir tombe sans ménagement sur le sol détrempé... Un fond de ciel bleu persiste au fond du champ... À l'ouest le soleil laisse les émotions d'un sursaut d'été indien se dissiper dans l'herbe humide... Sans bruit la brume rampe sur la...
cassant un rameau de bambou pour guider l'âne fin de journée les fleurs se referment ensemble un cri de chouette sans vent pin douglas le plancher de la yourte sent le bonbon sous les châtaigniers quatre nouvelles ruches au travail l'eau jusqu'aux reins...
les feuilles de mon carnet jaunissent... j'ai de moins en moins besoin d'écrire... le vent tourne les pages devenues légères à force d'absence... et je me sens de plus en plus éphémère... Je regarde les saisons capricieuses imposer leur rigueur aux fleurs...
Ciel blanc ce matin, le cri d'alarme d'un pic noir traverse la vallée... cela faisait un bout de temps que je ne l'avais pas entendu celui là... Alors que le mois d'août est un mois de labeur et de retrait pour les oiseaux, certains lèvent le défi, et...
la laine remplit la maison... les plantes tinctoriales rangées dans des sacs cousus à leur intention, offrent leurs odeurs avant leurs couleurs ... henné, curcuma, garance, écorce de grenat, fleurs de carthames parfument l'endroit où je vis ... à toutes...
derrière le portail rouillé, le jardin repose sous l'immense tilleul. La maison, trop vieille pour qu'on se souvienne de son absence, attend aphone que nous poussions la porte gonflée par les premières averses de l'automne... Il pleut. Le ciel sombre...
alors que les dernières semences, les derniers plans s'échangent sur les marchés et dans les quatre coins des montagnes... alors que les sourires s'imprègnent d'espérence et que la seule monnaie partagée se conjugue à la saison suivante, les robes longues...
bleu indigo avec une pointe de gris dans son pull over maison de montagne les enfants d'autrefois reviennent avec les enfants d'aujourd'hui arcs et flèches reprennent du service avec d'autres rires où est passé le temps ? l'enfant de mon enfant s'accroche...
ce petit clin d'oeil qui vient de cette femme que j'ai appris à connaître à petits pas, parce que les grands n'étaient pas nécessaires, ni pour elle, ni pour moi... à cette femme, qui regarde les choses avec une telle simplicité que cela me déconcerte......
je viens de rentrer chez moi... le froid glacé traverse cet appartement que je vais bientôt quitter... j'allume le poêle, et mets quelques uns de ces morceaux de bois montés péniblement dans mon perchoir... La chaleur du bois repousse doucement ce froid...
dans la rousseur de ses cheveux les premiers fils blancs succombent au temps fredonnements immémoriaux elle berce son enfant aux yeux bleus aux jeunes rouges queues ignorants père et mère imposent le départ le vieux mur en pierre résonne comme une cathédrale...
octobre 2014 Station de bus, gare de Kyôto, le typhon laisse place à un ciel de toute beauté. Nagomi, nous accompagne pour ce départ vers des régions plus sauvages. J'ai du mal à cacher ma tristesse. Ses yeux sont chargés de larmes, les miens retiennent...
Au sud de L'Aigoual, au dessus du Vigan, repose, sans prétention un petit lac de barrage qui semble retenir ses eaux, juste pour le plaisir de voir la voie lactée se mirer sur ses ondes sombres les nuits sans lune... L'endroit très singulier de ce coin...
voyage initiatique, retour à la nature, peu importe ce que l'on voit et ce que l'on comprend dans cette magnifique animation, mais quand le très prestigieux studio Ghibli accepte de coproduire ce genre de petite merveille, il ne peut qu'en découler quelque...
Elle est ainsi, brute et sauvage, maintenant son équilibre provisoire dans quelques marginalités imprévisibles. Célébrée pour sa grandeur, elle reste sourde à nos éloges et n'en fait qu'à sa tête. Le moment opportun à ses alternances nous submerge de...
clair de lune à la grandeur du cèdre mon ombre se cache revenant sans cesse à la mangeoire l'escadrille obstinée des mésanges les jours se rallongent traversant mes souvenirs la chasse aux grenouilles dans les ruisseaux dans les yeux de l'enfant tous...
les journées d'orage laissent place aux chaleurs caniculaires ... à la cagne de l'après-midi, les fleurs se referment jalousant les très rares gouttes de rosée que la nuit généreuse leur offre chaque matin... Il fait chaud-chaud... l'âne comate sous le...
soudain, le poing frappe la table !! Objectant mon comportement peu scrupuleux, la pierre à encre consternée sursaute. Plus rapide que ma conscience, je la rattrape vivement, sachant que sa perte me serait fatale... Séisme d'un soir de travail, une vague...