prendre un itinéraire bis (hors chemin ) pour gravir le Grand Veymont, c'est laisser au fond de la vallée ses peurs et ses doutes... C'est ne plus penser à la minute qui suit... c'est grimper sans pouvoir rebrousser chemin.
L'ascension périlleuse nous invite à franchir des versants rocailleux très pentus, où se reposent dans les derniers rayons d'octobre les bouquetins et les bien plus rares lagopèdes alpins venus terminer la saison avant de retourner dans les forêts intermédiaires.
la solitude dans ces montagnes ouvre un autre regard sur ce monde inaccessible... Un regard rempli d'humilité un regard qui entend le moindre mouvement de cette nature irrésistiblement belle, de cette sauvage en perpétuelle conversation.
sur la crête escarpée
toucher le ciel
d'un peu moins loin
sous mes pieds
et mes mains
la roche s'effrite

grimper
la tête vide
le coeur plein
sans un mot
grimper
vers le ciel
au dessus du vide
rien ne me rassure
sauf la couleur des arbres dans la vallée
paisibles
les habitants des montagnes
nous regardent peiner

la neige ne tardera pas à tomber
sur la blancheur des lagopèdes