le temps n'appartient qu'à lui même. Extensible il ne se laisse pas saisir et nous échappe dès qu'on y pense... Nous ne pouvons penser au temps ni à l'instant sans prendre le risque d'y laisser une part de notre raison ...
l'avant et l'après constituent notre mémoire, ils contournent cet espace insaisissable le rendant de plus en plus inaccessible ...
Pourrions-nous alors saisir le haïku pour nous rapprocher de l'imprenable instant... le remplir et surtout le vider pour palper l'impossible instant ...???
Pour tous ceux qui connaissent les longues heures de marche et de solitude, ces heures interminables où à force de se tromper de chemin nous continuons à ne pas comprendre... Ces heures encore, où épuisés nous trébuchons et perdons patience, où le souffle court nous tentons de retenir nos corps courbés... mais aussi,où par entêtement et par survie nous finissons par nous ressaisir, nous regonfler de quelques convictions prétentieuses et relever la tête avec l'espoir de trouver entre les nuages un peu de sérénité... tous ceux qui ont vécu cela, savent combien ces moments nous vident de tout orgueil...
Là où les découragements succèdent aux espoirs à peine reconquis, là, sans objectif, se trouve dans chaque pas un rapprochement vers l'instant si peu probable...
n'écrivant rien ce soir
que le vide
de mes mots
Nus
le champ
et l'arbre au bout du champ
sur l'arbre mort
le lierre s'empare
de la vie