Il y a des soirs comme celui ci, où la fracture du temps se fait ressentir comme de longues absences... absence de soi, absence de l'autre ou de ceux qu'on aime... absence aussi d'un pays dont je sais qu'à chaque fois que je le quitte je laisse quelque chose d'essentielle ... Cet essentiel, j'en ressens son manque sans pouvoir le définir... un vide, un plein où je me réfugie, sans jamais en connaître le contenant. Ce soir je suis loin du Japon, je suis dans d'autres Alpes... la neige est annoncée par couche successive... C'est l'hiver et cela n'a rien d’exceptionnel... mais dans mon cœur, je ne sais plus où je suis... j'ai l'impression d'errer entre les saisons, l'impression de perdre le sens des réalités... Plus je m'isole des émotions, plus je m'éloigne du plein... et dans le vide je n'ai pas encore trouvé la direction à prendre... Aimer, être aimé, voilà une dimension surréaliste, où le coup de pinceau cherche toujours son énergie...
un plein un vide
le pinceau se tait
sur leurs contenances