• un papillon aux confins de la nuit

    20 août 2018, la chaleur referme la forêt et le jardin. Toutes deux  résistent péniblement à cette torpeur menaçante. Assise devant la table de travail, mes pensées s'allongent indéfiniment vers l'absurde. Ici, même le silence est au ralenti. Seul le vol d'un papillon en fin de vie agite l'espace immobile. Devant ma porte, les trois poules plutôt vagabondes de la maison tentent une conversation hasardeuse, mais je ne trouve aucune réponse à leurs questions. le papillon, un tabac d'Espagne, se pose soudain sur mon écran. Le chien nordique transpire bruyamment. De longues traînées de salive témoignent de  sa souffrance à supporter ces étés sans fin. Nous sommes tous deux originaires de pays froids, migrants sans frontière, sans confins, sans contrôle.

    J'attends la nuit... Le chant des étoiles que la brise nocturne et les grillons d'été colportent avec un étrange mystère, nuance mes inquiétudes. Profonde et infinie, elle éveille une fascination débordante pour les constellations, les galaxies, les trous noirs et tout ce dont nous ignorons encore de notre univers... quelques quatre vingt quinze pour cent de ténèbres.

    La nuit ne dispose d'aucune solution aux défaillances de notre planète, aucun entracte, à la dégénérescence de nos actes, aucune alternance à notre barbarie.

     

     

    Reviennent soudain, comme un rappel à l'essentiel, ces ailes de papillon battant l'air contre la vitre, sans que rien ne change....

     

     

     

     


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