• de l'abandon à l'adoption... un territoire trop vaste à traverser ...
     et bien sûr de toute beauté à voir...



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  • ...  les matins où je m'occupe d'elle, je me réjouis de la revoir...  elle m'attend, je l'attends... nous sommes toutes les deux tenues par un mystère qui n'en est pas un... les matins où je suis près d'elle, tout devient étrangement  limpide... instinctivement, nous nous cherchons du regard... Ses yeux noirs n'ont pas de frontière... je plonge sans méfiance dans l'abîme de ce trou obscur... et ne perçois que  l'intensité et l'éclat  de ce bonheur  présent, qu'elle manifeste en me voyant... ses cheveux raides, plus sombres encore que ses yeux, sa peau blanche,  accentuent la rondeur de son visage des peuples du soleil levant.. sa déficience souligne à chacun de ses mouvements  une maladresse émouvante...  son sourire est tout simplement merveilleux... sa force et son détachement déconcertants...

    lorsque j'arrive le matin, elle glisse
    sans un mot sa petite main dans la mienne... Je me penche sur elle  et la laisse attraper les perles d'argent qui ornent la petite tresse cachée  dans mes cheveux...  fascinée, elle les regarde, les touche, les découvre à nouveau puis les oublie aussi promptement.

    elle est l'innocence qui me met à nue... elle est l'innocence et la simplicité qui m'équilibrent... chaque fois que je la retrouve je réalise combien elle est importante...


    je la comprends sans parole... elle me tend la main, se blottit contre moi... pose sa tête sur mes épaules et abandonne les plus belles choses de son enfance dans ma chaleur...

    elle trébuche dans sa tête... et suit un chemin ignoré de tous...


    elle,  l'enfant, toute petite petite,  rangée dans le tiroir des  trisomiques... elle, l'enfant riche d'une autre vision des choses où nous n'avons aucun accès...



    rentrant chez moi
    du haut de la rue
    toutes ces notes de piano












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  • somnolence
    sous les feuilles
    à l'abri de l'hiver


    blaireaux


    (toujours en photo... un peu foireuse...  pas encore pris le temps de scanner...  mille excuses... pour le résultat...)



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  • ciel blanc
    par la fenêtre
    un silence de neige






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  • Filmé clandestinement à Téhéran, "les chats persans" est  un film sur la liberté d'expression et la lutte contre la répression. Interdit en Iran, ce film a réussi à traverser les frontières les plus difficiles de ce pays, pour secouer nos consciences. il fait appel à ce que l'homme a de plus précieux : sa soif d'expression. La musique est le dernier rempart d'un Etat qui muselle  les individus. Underground et septième art, le film  dévoile des expressions musicales percutantes et volontaires... les musiciens osent, vivent et se risquent  à tout, pour aller jusqu'au bout ... "les chats persans" est un hymne à la vie, au courage, à la volonté et à la beauté de l'art



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  •  



    yourte 3BC

     vivre dans une yourte, c'est avant tout vivre dans un cercle... 
    franchir le seuil de la yourte c'est faire un pas vers le cosmos... vers l'univers tout entier... C'est ouvrir son coeur au soleil à la pluie à la neige et au vent... c'est entendre nuit et jour, tout ce qui bouge à l'extérieur... c'est rassembler, à l'intérieur, la beauté et la tranquilité sans préméditation...

    la pluie succède  au vent du nord...
    Assises autour du poêle,  nos bols de soupe d'orge fumant entre nos mains,  nous parlons de notre journée de travail en forêt...
    à l'extérieur, le tas de bois se détrempe, la pluie frappe les vitres de la porte...  à l'intérieur nous nous allongeons par terre dans la chaleur du poêle... elle me conte ses voyages...  par la roue vitrée de la yourte, les nuages avalent les étoiles...

    je suis un peu chez elle, pendant que je termine mon chez moi...


    elle me parle de ses voyages
    du sommeil
    dans la voix


    sur le plancher
    nos corps fatigués
    attendent le sommeil


    devant la porte
    à l'intérieur
    les mocassins s'égouttent


    un merle discret
    à la pointe du jour
    froid


    yourte 1 B



    lendemain de pluie
    la rosée gèle
    sous un ciel pur


    dans nos deux bols
    face à face
    une soupe d'orge



    sous cette toile
    le mot yourte
    infini



    yourte 5BC


















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  • ce courant d'air
    dans le vieux logement
    vide


    soir d'hiver
    la pluie creuse la neige


    soir d'hiver
    le manteau de laine
    soudain pesant



    une à une
    toutes les heures de la nuit
    secouent le clocher



    interrompant le travail
    je fixe
    le cours du ruisseau



    dans la yourte
    le poêle ronronne
    comme un conte d'hiver


















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  • c'est peut-être ça grandir... !!!

    c'est avant tout apprendre à aimer... librement...

    c'est lâcher l'inutile !!

    c'est plus qu'un pas de géant  qu'on fait à cet instant du relâchement... On pulvérise tout simplement en silence tout le décor de notre existence... pour vivre discrètement nu...


    là haut
    le vent pousse le petit nuage
    vers le troupeau


    il est donc si difficile
    d'apprendre...













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  • les arbres sans feuilles
    se balancent sans bruit


    ---

    plus nettes ce soir
    les montagnes se limitent
    aux premières neiges







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  • sous les mélèzes
    le silence
    des aiguilles






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  • nus
    le champ
    et l'arbre au bout du champ





    j'ai changé de format de papier,  je ne peux plus les scanner moi-même. C'est un travail que je dois remettre à des pros... en attendant de  pouvoir le réaliser, je fais des photos, plus ou moins réussies...

    en espérant que cela puisse tout de même donner une petite idée du travail...
    mille excuses... pour le résultat provisoire...



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  • par la fenêtre
    rien a changé
    un peu plus de vent



    toute cette toile
    point par point
    tourne en yourte



    l'if à côté du tilleul
    laisse la place
    vide



    cette odeur de hêtre
    sur mon vêtement
    un peu de neige sur les sommets














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  • Nomades !! ces derniers nomades d'un temps qui n'existe plus, laissent la place à d'autres itinérances. Construits en marge d'une société lénifiante qui s'épuise d'ennui et qui s'efforce de chercher quelques raisons de survie loin de sa médiocrité,  les nouveaux nomades montent et démontent leurs camps au rythme de leurs expulsions... Ils ne se définissent pas  comme une nouvelle ethnie, mais établissent lentement de nouveaux codes de vie... toute mélangée, et vue de l'extérieur,  leur énergie de vie oscille dans leur identité... mais lorsqu'on s'y attarde, on voit de nouvelles choses s'organiser... leur courage se renforce à chaque bataille, et à chaque échec leurs yeux s'éclaircissent, leurs corps se redressent... C'est ainsi que les derniers nomades se sont éteints, anéantis par une société totalitairement sédentaire... C'est ainsi que naissent les nouveaux nomades. Issus de cette société  agonisante, ils gênent et perturbent l'ordre des pensées préétablies... asphyxiée, par ses codes et ses interdits, notre société ne peut tolérer un tel manquement à l'ordre et les condamne avant de les admettre...

    pourtant entre ces habitations vagabondes grandissent des petits hommes et des petites femmes porteurs d'un autre idéal. Ces enfants retrouvent la joie ordinaire des peuples sans profit... leurs joues rouges se mélangent à la terre  de leur espace de jeux et leurs cheveux s'accrochent aux végétations rugueuses des sols battus. Lorsqu'ils relèvent, dans les cris, les rires  et  les larmes, leurs têtes hérissées de présent, leurs visages s'éclairent du plus bel espoir qui nous est proposé...

    sans artifice et sans attente, je suis devenue nomade loin de ces nomades...  mais chacun de mes gestes me tient à portée de leur vie
    ....



    matin calme
    une volute de fumée
    disparaît dans les nuages













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  • le temps n'appartient qu'à lui même. Extensible il ne se laisse pas saisir et nous échappe dès qu'on y pense... Nous ne pouvons penser au temps ni  à l'instant sans prendre le risque d'y laisser une part de notre raison ...
    l'avant et l'après constituent notre mémoire, ils contournent cet espace insaisissable le rendant de plus en plus inaccessible ...
     Pourrions-nous alors saisir le haïku pour nous rapprocher de l'imprenable instant... le remplir et surtout  le vider pour palper l'impossible instant ...???
    Pour tous ceux qui connaissent les longues heures de marche et de solitude, ces heures interminables  où  à force de se  tromper de chemin nous continuons à ne pas comprendre... Ces heures encore, où épuisés nous trébuchons et perdons patience, où le souffle court nous tentons de retenir nos corps courbés... mais aussi,où par entêtement  et par survie nous finissons par nous ressaisir, nous  regonfler de quelques convictions prétentieuses et relever la tête avec l'espoir de trouver entre les nuages  un peu de sérénité...  tous ceux qui ont vécu cela, savent combien ces moments nous  vident  de tout orgueil...
    Là où les découragements succèdent aux espoirs à peine reconquis, là, sans objectif, se trouve dans chaque pas  un rapprochement vers l'instant  si peu probable...



    n'écrivant rien ce soir
    que le vide
    de mes mots



    Nus
    le champ
    et l'arbre au bout du champ



    sur l'arbre mort
    le lierre s'empare
    de la vie





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  • les nuits sont parfois longues ... sans sommeil, elles nous harcèlent de pensées sombres ou nous agressent d'idées nouvelles... parfois, plus généreuses,  elles nous laissent simplement divaguer ...

    la lune est pleine... Par la lucarne du grenier, elle éclaire la petite chambre dans laquelle je tente de dormir... je me tourne et me retourne, trouvant le lit affreusement vide... l'absent est trop loin... je me recroqueville  en boule les mains entre les cuisses et laisse aller mes pensées là où elles trouvent un passage... la lune éclaire la pièce comme en plein jour... dehors, le vent souffle et les nuages traversent la vitre  à toute allure  ... rien ne fait obstacle à rien... je pense au vide et au plein, à ce que je suis et ne suis pas... je pense à hier et aujourd'hui tout en évitant demain...

    tournant ma tête vers le tilleul mis à nu par les bourrasques, je vois la lune s'élever de plus en plus haut, de plus en plus loin dans la nuit... quelques feuilles mortes arrachées à l'arbre, narguent  légères, la clarté et la rondeur  solitaires de la lune...



    je regarde dehors
    de mon lit
    la nuit passe toute seule



    tramontane
    les feuilles
    se perdent dans les nuages



    pleine lune
    ce soir
    je repense à ma mère







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