• 1 commentaire
  • l


    votre commentaire
  • Il arrive parfois qu'au delà des rêves, naissent des instants  consacrés. Ces micro événements, semblent ponctionner dans nos mémoires tout ce dont ils ont besoin pour nous désorienter. On oublie ce qu'on est et qui on est. On change de genre et d'espèce, on change de doute et d'attente, on perd le sens circulatoire de nos pensées. On devient arbre, montagne, forêt, océan, rivière. On vole, rampe, nage, mord, pique. On meurt et on renaît. L'enfer devient un paradis et le paradis, un décor de cinéma. On ne sait pas si le réveil sera salutaire ou toxique, alors on ergote sur les conditions de passage...

    Chaque jour je contemple les herbes pousser, j'entends les fleurs s'ouvrir, les arbres grandir... Chaque jour, je me dis qu'il n'y a rien de plus beau que l'état sauvage des choses, il n'y a rien de plus puissant que cette volonté de vivre et de survivre qui préoccupe toutes espèces confondues à l'heure du désastre...  J'attends sans bruit, que la nuit prenne le relève de cette tâche ultime qui consiste à récupérer  nos fragments de  souffle entre les étoiles. Chaque nuit je regarde l'Univers à travers le tonoo de la yourte en prenant conscience que notre monde ne résistera plus longtemps aux tourments qui le harcèlent, mais qu'à l'échelle de l'Univers, cela n'a finalement aucune importance ...

     

    le jardin s'ouvre cette nuit

     comme chaque nuit

    à la nuit ....

     

     


    votre commentaire

  • votre commentaire

  • votre commentaire
  •  

     

    à la lumière éveillée

    un instant de divinité

     

     

    échasses blanches


    2 commentaires
  • ce soir j'adopte les mirages du vent

    contemplant la première étoile levée, je souffle les pousses de sapin gelées, quelques centimètres  de neige  dans le fossé.

    le vent falsifie toutes les questions... troquant sans conviction toutes réponses illusoires

    je perds le Nord

    et mes pas s'affaiblissent sur le chemin sans voie.

    aux poussières de la terre j'offre mes plus belles folies

    aux eaux des rivières j'abandonne mes illusions dépouillées

    aux vents et aux saisons mon âme trop farouche

    il ne me reste plus pour vivre, que ce battement de cœur obstinément chronique

    et la constance intraitable du temps

    ce soir le vent possède la force des titans sans tyrannie...

    il efface le chagrin des couleurs

    et alloue à la lumière éveillée un instant de divinité 

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    vent glacé

    au bord de l'étang

    où nul chemin n'accède

     

    sanderling


    votre commentaire
  • faut-il attendre

    le printemps

    dans une tasse de thé ?


    votre commentaire
  • pic épeiche


    votre commentaire
  • barges à queue noire


    votre commentaire
  • imposture sur le trottoir

    ça dégouline sur la chaussée

    ça obstrue  les égouts

     

    intelligence corrompue

    nos cerveaux décharnés

    s'entassent dans un service ambulatoire

     

    un peu de neige sur la montagne

    le temps se refroidit

    il tousse il crache

    des morceaux de glace

    des lames de gel

     

    la guerre est là

    partout

    sans raison

     

    elle ne dit rien mais ronge nos âmes

    elle nous ignore et  nous obsède

     

    et toi ?

    quel est ton nom ?

     

    oui toi, qui me regarde de tes yeux noirs sans frontière

     

    tu ne sais plus, tu es perdu ...

    le trottoir absout  tes croyances

    ton corps possède

    les cris les pleurs

    et les ressacs de la mer...

     

    ton coeur est presque froid

     

    de mes montagnes

    la nuit

    je l'entends

     

    avec le vent du nord

    dans mon sommeil

     

     mes rêves grelottent

    sans abri

     

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    Sentinelles engourdies, les sommets qui me regardent ce soir sont couverts de neige... Ils veillent tels de vieux sages sur un monde qui s'efface derrière les nuages, derrière l'inconstance des arbres qui les esquissent.  Mon cœur les contemple, mes yeux les dévisagent, mon esprit les envisage... Quelques flocons inexpérimentés s'enhardissent vers des hauteurs plus modestes. Se  mélangeant à la pluie, ils s'alourdissent, perdant leur légèreté au profit de leur transparence. 

    Ils disparaissent entre brume et montagne, laissant dans mon esprit le souvenir de leur destin.

    Il y a de l'irrationnel  dans l'air.  Le futur  provoque le passé, le passé résiste au présent. Montagnes et forêts ont perdu la notion d'existence en même temps que la notion de sursis. Les dieux qui les habitent n'ont aucune exigence. Ils ont tout leur temps... tout le plein du destin crayonné.

     

    Wabi et Sabi

    je n’oublierai pas

    les splendeurs de ce monde


    votre commentaire
  •  

     

     


    votre commentaire
  • Le vent s'est enfin calmé. La yourte se met lentement au repos... et je retrouve le mien ce soir à l'écoute de la  forêt devenue silencieuse. La chouette réinterprète ses chants d'hiver, laissant parfois au renard un peu de place à son appel perçant. L'agitation  peu durer de longues minutes où chacun semble ignorer l'autre n'ayant pour autre souci que celui de se faire entendre par son congénère.

    Une fatigue vieille de quelques jours enlise mes pensées. Le vent a déchargé sa puissance pendant trois nuits sans aucune pitié pour ce qu'il secouait, pliait, arrachait sur son passage. Des pointes de cent vingt kilomètres heures prenaient en otage tout ce qui avait trouvé refuge en urgence, ne négociant tel un tyran aucune alternative.

    C'est ainsi que le vieux cèdre penché, après quinze longues années de résistance, s'est couché sans bruit sur la terre froide de l'hiver.

    Depuis, ses racines se dressent vers le ciel tels des spectres solitaires rompus au silence...

    me laissant  triste et orpheline....

    une prière sans mots accompagne la dernière caresse émouvante que je lui dois.

    Demain il me faudra le débiter.

    Ce grand sage, veillant sur la maison, les oiseaux, les écureuils et les tout jeunes érables plantés sous son ombrage,  s'en est allé sur la pointe des pieds, emmenant avec lui les mystères de son existence.

    Sa dignité, laissera à  la forêt en deuil,  une impression d'impermanence, un désir d'éternité.

     

     

     

    par le vent

    le vieux cèdre s'est incliné

    immortel

     

     

     


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires