• pélagiques des temps modernes

     Des montagnes, poussées par les vents de printemps, les fleurs des cerisiers descendent dans la vallée. Chaque matin, la forêt dessine l'image du jour, soignant avec détail l'évolution de chaque fleur en quête d'éclosion. L'éternelle métamorphose de ce tableau donne à cette œuvre  une notion inaccessible de l'infini que lui confère avec élégance l'expression de l'art parfait , de l'art sans condition, de l'art souverain.

     Au milieu du jour, lorsque le soleil encore fébrile par sa longue réclusion nocturne, enveloppe les arbres en fleur de ses premières  chaleurs, un bourdonnement exponentiel prend d'assaut la montagne toute entière. Les fleurs invitent les abeilles à venir les prospecter. Tout est mis en œuvre pour que les transactions se fassent dans les meilleures conditions... et chaque année, seul le mauvais temps peut mettre en péril cet accord parfait. Cinq ruches envoient tous les matins ses butineuses à la recherche des meilleurs produits du terroir et la distance ne les effraie nullement... Quotidiennement, j'apprends à connaître ces petites téméraires. Allant au rucher observant leurs manœuvres sans jamais les déranger, je m'approche de leur lieu de vie  et  leur parle tranquillement tout en m'installant à leurs côtés.  Leur acharnement à la tâche reste un mystère comme bien des choses qui les concernent. Elles restent propriétaires de leur savoir, de leur secret. Elles sont les plus menacées de leur espèce et aucune supposition autour de leur disparition ne pourra jamais mieux expliquer qu'elles, ce que ce monde désespérément  inculte leur fait subir.

     

    le jardin ouvre ses portes

    au sourire des jeunes enfants

    au gardien qu'ils fabriqueront

     

     

     


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