• miracle ou cauchemar ?

     

    ce matin encore, le jour se lève comme par miracle, comme par cauchemar.

    de la nuit il ne reste que quelques gouttes de rosée sur les herbes hautes que je me refuse de couper.

    sous chacun de mes pas, des milliers de vies s'agitent dans la douceur des herbes couchées.

     

    le jardin

    mon refuge

    mon chemin

     

    donne à ma raison, la conscience  de ne pas échouer, de ne pas craquer...

     

    aucune terre ne peut comprendre mieux que ma terre

    ce qu'elle a fait de moi

     

    elle me taille à la serpe

    me forge à la volonté de ne pas espérer inutilement

    me bâtit aux saisons

    me burine au soleil et au vent

    et fait de mon âme un espace infiniment ouvert

     

    toutes les plantes qui poussent autour de moi ont germé sur ce sol nourri de tendresse et  de maux de dos

    il faut des années de doute pour franchir la porte d'un jardin comme celle d'un paradis aux dieux infinis

     

    fermant les yeux

     

    je me dépouille de l'utile et de l'inutile espoir

     

    tant de mercenaires massacrent nos peuples, nos parents, nos enfants

    le pire semblait avoir été commis il y a soixante dix ans et on découvre aujourd'hui le pire du pire... une surenchère du mal, connue et  reconnue par tous.

    et là

    on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas...

     

    soulevant une feuille de salade

    pour parler à l' escargot

     

    de

     

    ces cadavres de migrants

    flottants dans ma tête

     

    de

     

    ces yeux noirs

    sans étoiles et sans larmes

    qui hantent mes nuits

     

    de

     

    ce tant et tant et beaucoup de trop

    qui alourdit le cœur

    des naufragés

     

     de

    de

    de....

    il va  de ces jours où la conversation avec un escargot prend des modulations de croisade. Le ton monte face au silence et l'envie de prendre les armes devient une tentation obsédante.

     

     

    ni ange ni démon

    sous la feuille de salade

    la colère n'oublie pas l'escargot

     

     

     

    Usaida, pour survivre dans l'eau, cette petite syrienne s'est accrochée à un cadavre de migrant noyé.

    https://blogs.mediapart.fr/eugenio-populin/blog/280619/roberto-saviano-mare-non-esistono-taxi

     © Giorgios Mutafis

    © Giorgios Mutafis

     

     

     

     


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