• col de l'Echelle, nouvel an solidaire

    Il faisait froid, il faisait nuit, les heures passaient lentement dans cet abri de fortune où nous nous étions réunis pour les guetter. Nous étions montés à pied depuis Névache dans la neige fraîche, tirant des luges chargées de ravitaillement,  portant des sacs remplis de vêtements chauds et de duvets.

    Arrivés au col, les premiers avaient préparé un peu de nourriture pour les suivants...

    La nuit nous attendait longue et incertaine...

    Quelques tas de neige faisant office d'igloos, quelques tentes aussi, plantées dans la neige, et toute la générosité du monde réunie là, à moins de 1800 mètres d'altitude, attendaient l’éventuel passage de migrants susceptibles de se réfugier en France par ce col à la réputation déjà funeste. Côté Italien les couloirs d’avalanche menaçaient l'étroite montée que ces hommes et femmes ne pouvaient  éviter  dans leur périple.

    Tous les jours, depuis des mois, des guides de haute montagne arpentent les versant enneigés de cette zone considérée, à la recherche des rescapés de cette guerre sans nom.

    Ils nous ont raconté et nous restions silencieux. Mon cerveau semblait figé par toute cette barbarie... Ce que j'entendais ne me paraissait tout simplement pas recevable... Mais que je le veuille ou non la réalité ne s'encombre pas de mes effrois, elle bâtit son existence là où l'histoire se compose de joie, de peine, de bonheur, d'horreur d'équité ou  d'injustice. Elle s'ancre ainsi, féroce et vulnérable, dans l'existence des hommes.

     

     

    se joignant à nos efforts

    la lune ce soir là

    prit  son tour de veille

     

    col de l'Echelle,  nouvel an solidaire

     

     

    col de l'Echelle,  passage de migrants

     

     

     

    photos

     

     mediapart tribune

     

    pétition d'un citoyen de Nevache

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 5 Janvier à 12:09

    Un témoignage fondamental, des hommes et femmes courageux.

    *

    Des sourires

    propagent la joie,

    Communion.

    *

    Je dédie ce haïku minimaliste (H11 -353), avec un max de 6 mots) à tous ces "braves". Simple info : la sortie de mon recueil, Marcel Peltier, Au creux du silence, Editions du Cygne, Paris, 2 janvier 2018.

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