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    La guerre est là dans nos villes, nos villages, nos nuits blanches, nos jours remplis de grisaille. Elle ne pense rien, ne sent rien, ne dit rien. Mais elle là, à  attendre son heure de gloire. Elle se balance au dessus de nos têtes, visible et invisible reniflant nos peurs, nos angoisses. Persiflant dans son désœuvrement quelques menaces quelques provocations, elle nous habitue progressivement à son haïssable existence. Nous refusons de la voir et de l'admettre. Nous souhaiterions qu'elle s'immobilise à jamais loin de notre histoire. Mais c'est le moindre de ses soucis, elle sait qu'elle n'a rien d'autre à faire qu'à attendre, nous attendre.

    Au dessus de l'immense  mer de nuages qui couvre les plaines du Sud, le soleil brûle les yeux et les joues de ceux qui la regardent... Il fait une douceur à lézarder n'importe où. Aucune envie de résister à tant de plaisir. La lumière et la beauté étourdissantes brillent à la limite de la réalité, jusqu'à l'improvisation d'un recueillement. Il règne là, sur ces montagnes de Lozère, un silence embarrassant... Le pays a provisoirement disparu dans cinq cent mètres d'inconsistance. De cette submersion temporaire, quelques sommets de plus de 1400 m d'altitude se dorent au soleil comme des îles perdues sur un océan vierge. Et les Alpes tout loin à l'Ouest exhibent leurs pointes enneigées. Sans vent, l'immobilité de cette blancheur donne peu d'espoir de changement. L'immensité crayeuse semble couvrir tout, jusqu'à la méditerranée et rejoindre l'autre continent. Il nous faudrait des raquettes à nuages et un ange gardien pour faire les premiers pas sur cette texture insaisissable, alors que le ciel infiniment bleu glisse sur cette composition éphémère, donnant aux rêves encore permis un peu de réalité.

     

    mer de nuages

    tout le pays a disparu

     

     


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  • lorsque le battement de cœur de Michael Grab s'accorde avec le mouvement des étoiles, l'harmonie devient parfaite, l'ultime équilibre est atteint....

     


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    Et si la faculté d'imagination de nos enfants, était, tel un cerf-volant, retenue par l'école ? De la France à la Chine de l' Allemagne aux États Unis, Alphabet questionne un système éducatif qui privilégie la performance au détriment  de la créativité et de l'imagination. En exposant au grand jour les limites d'un modèle hérité de la révolution industrielle, pédagogues chercheurs, scientifiques, chefs d'entreprises et élèves abordent le rôle de l’enseignement et envisagent des voies alternatives à nos pratiques actuelles. Après "We Feed The World" (sur la crise alimentaire) et Let’s Make Money (sur la crise financière), "Alphabet" clôt « la trilogie de l’épuisement », comme l’appelle son réalisateur. Le propos du film est décapant, et montre ainsi que la plupart des enfants sont des surdoués de "la pensée divergente", qui conditionne la créativité. Après dix ans d'école et d'écran, la plupart perdent ce talent pour rejoindre la pensée unique... Ce documentaire propose des options possibles : un mille-feuille d'idées très stimulant.

    synopsis diago


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  • Grignotant un peu de jour, avant que celui-ci reprenne sa lente progression vers le solstice, la nuit allonge encore de son ombre froide les quelques minutes matinales que je souhaiterais déjà voir lumineuses... La pluie froide semble porter la neige en son sein... Elle tombe lourde et glacée sur la toile de la yourte, roule au bord du cercle et s'enfonce  pesante dans la terre souple. Élément indéfini, j'entends  la mesure de son poids écrasant et devine qu'il a neigé pas très loin. Dehors la brume étouffe tout. J'ai l'impression d'avaler  des  quantités illimitées de nuages. Le vent chargé d'humidité en remonte des convois plein. Tout devient mouvement... La montagne flotte au dessus de cette mer improvisée comme un bateau fantôme. Les arbres apparaissent et disparaissent, plongeant, émergeant  sans contrôle. Ils sont là par hasard, portés par leur immobilité. Blancs parmi le blanc, les bouleaux ne sont plus que des figurants épurés dont je remarque tout juste la présence. Il semblerait que ce matin, la montagne toute entière cherche à garder son anonymat. La lumière vibre entre les gouttes alourdies. Sous la poussée des nuages, l'air se remplit et se vide de changement. Une musique sourde oscille entre ciel et terre, dans ma tête, dans mes pieds, et je prends soudain conscience qu'il fait froid.

     

     

    paysage anonyme

    ce matin

    les nuages avalent les reliefs

     

     

     

     

     


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    Lorsque le vent donne de la voix et du corps, la yourte change de caractère. Elle abandonne son côté placide et devient un élément vivant. Elle se met à respirer irrégulièrement, bat des toiles  sans jamais décoller. Le poêle ne retient plus ses ronflements, il semble défier le temps qui le fait frémir... Il ne veut pas fléchir, chauffant sans relâche ce ventre fragile qui pourrait se refroidir au moindre de ses défaillances... Il assure et je le soutiens. La nuit passe ainsi, avec ses plaintes, ses bavardages, ses murmures et ses colères... J'écoute tout ce langage, me sentant exclue de ce qu'il se raconte. Tout le monde semble avoir trouvé sa place, même moi au fond de mon lit et quand, en fin de nuit Cassiopée la grande, se laisse entrevoir à travers la transparence du cristal du toono, mon esprit rassuré s'abandonne enfin pour quelques instants de sommeil.

     

     

    le chant des chouettes

    se déplace avec le vent

     

     

     

     

     


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  • Les aquarelles seront encore visibles à la médiathèque de l'Ancre à Carnon, jusqu'au 14 janvier...

    Je remercie toutes les personnes qui sont venues voir mon travail, et qui se sont déplacées encore une fois ce soir pour venir me rencontrer. Je remercie toutes celles et ceux qui ont laissé leurs appréciations dans le cahier mis à leur disposition à cet effet.

     

    Merci Philippe et Sylvie de m'avoir accordé de votre temps, de votre joie et de votre soif de culture pour donner la pulsion essentielle  à la réalisation de cette exposition

     

    Merci Marie-Dominique, l'encrier a bu la lune, de m'avoir permis de te rencontrer ce soir après toutes ces années discrètes sur le web.

    Pour continuer à peindre, il me faut tout ce dont la vie m'a offert pour que je puisse aller à la rencontre des oiseaux, des arbres, des insectes et tout ce qui compose la nature... mais il me faut aussi, les critiques de ceux qui prennent le soin et le temps de venir voir mon travail là où il s'expose. Il me faut également l'instance de leur regard, la puissance de leur sourire, et la présence de leur plaisir, pour aiguiser mes sens et me  permettre de continuer à persévérer dans mes aquarelles.

     

    Merci à tous pour cet échange de beauté et ce partage d'émotions.... Merci de m'avoir insuffler l'énergie dont j'ai sans cesse besoin...

    anna


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    Quelques flocons de neige sur le sommet d'en face... Les surprendre avant qu'ils ne fondent, me laisse confuse... J'ai tout juste le temps de me rappeler de tous ces hivers blancs et froids traversant ma vie. Imaginer leurs  éventuelles disparitions n'appartient pas à mon futur. Un furieux spleen s'empare de mon esprit...

    Tout est à inventer, à réinventer... Faune et flore évoluent sans cesse dans cette parfaite adéquation et résistent avec opiniâtreté. Nous semblons ne pas pouvoir nous mettre en accord avec nous-mêmes et encore moins avec le reste de la planète... Sommes nous donc si différents du monde vivant ?

    Contemplons encore un peu la Terre, la tête vide, pour comprendre les étoiles. Contemplons encore un peu les étoiles, le corps sans attache, pour ne pas oublier ce que nous sommes fondamentalement.

     

     et sans hiver

    que vais je faire de mes haïku (s) ?


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  • Cette œuvre intitulée "DISPARITION" est de l'artiste yéménite Bouchra Almutawakel.

    Souhaitons que cette artiste ne disparaisse pas à son tour

     

     

    disparition


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