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  • Poésie en marge du temps, poésie en révolte, triste et solitaire, il reste dans tes formes la mélancolie des échecs. Entre tes lignes, le silence appartient à ceux qui l'écoutent. Je  n'ai jamais voulu te perdre, mais mes craintes dépassent si souvent mes attentes, que je peine de plus en plus à  trouver  le fil de ta présence. J'ai essayé de te reconquérir  dans l'harmonie de mon jardin, je n'y ai senti que la terre chaude recouvrir mes pieds nus. Sur les sommets des montagnes enneigées, je t'ai cherchée dans la blancheur terrifiante qui m'entourait,  mais tu m'as laissé pour seule preuve de ton passage quelques traces de chamois et de lagopèdes.  Écriture qui s'efface au premier coup de vent, je n'ai  su y lire ce que je cherchais. Au bord des étangs, alors que le chant des oiseaux éclipsent mes inquiétudes,  tu passes avec une telle discrétion, que je reste là, debout au bord de l'eau , impuissante et désemparée.

    Je peins des oiseaux, te cherchant là encore sous le duvet de leurs plumes fraîchement acquises, mais  n'y trouve que la douceur de mon pinceau. Le temps d'un arrêt sur une branche, un rocher, une fleur, ils provoquent dans l'air une légère distorsion qu'il me faut ressentir jusqu'au bout des doigts. Puis ils disparaissent dans les feuilles, les vagues et les étoiles t'emmenant avec eux sans promesse de retour.


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  • De la serre chaude où ils ont grandi, les plants de tomates migrent vers les grands espaces du jardin. Melons, courges, poivrons, piments, les rejoignent les uns après les autres, et se placent par sensibilité et arrangement entre les carottes, le persil, les oignons et les poireaux...

    Le vent les accueille froidement. Un à un je les entoure de courage et les oriente vers la vallée ensoleillée... Comme chaque année leur cycle se fera en fonction des saisons... Comme chaque année je les accompagnerai de ma présence, de ma reconnaissance, et de tous les soins nécessaires à leur développement.

    Un jardin est à la fois un lieu ordinaire et extraordinaire. Empreint d'une mémoire sans âge il retient dans le grain de sa terre, le goût et le parfum de son histoire,  les années de disette, les années d'abondance, puis les longues absences le livrant  à la végétation sauvage qui le rejoint par solidarité... Vinrent ensuite les périodes de  retour à la terre, les changements de jardiniers, les approches plus équilibrées, une énorme capacité d'écoute et de mystère, et peut-être tout au fond du terrain, un épouvantail en guise d'esprit protecteur, invitant les oiseaux à se loger dans ses vieilles frasques usées...

     

    Unique en son  genre chaque année, il s'abandonne aux gestes de ceux qui le cultivent. Prudent, il retient parfois ses richesses dans une dimension inconnue. D'autres fois  alors que notre découragement prend des allures de détresse, il libère toutes ses forces et sa beauté cachée dans un éclat de vie universel. Il défend avec ardeur les plantes qui y poussent, appelle les esprits de la montagne et repousse avec un courage de grand guerrier les fléaux ravageurs... Plus rarement et toujours pour des raisons qui lui sont propres, il abandonne tout ce qui y pousse, sans se préoccuper de leur vie ou de leur mort. Il se rebelle et montre sa détermination à redevenir une part de la montagne, de la forêt, ou de la vallée,  sa détermination à redevenir une tranche  de  terre libre....

     

    il me semble que les lianes de clématite ont atteint aujourd'hui les nuages

     

     


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  • Une veuve monoparentale hérite de la garde de son fils... fils singulier déclaré TDHA qui explose à la moindre contradiction... Malgré tout et avec une naïveté troublante mère et fils vont tenter de  défier ce monde terrifiant qui les menace. Ils vont courageusement mener un petit bout de chemin ensemble. Aidés de leur étrange voisine au cœur déchiré, ils vont progresser sans le savoir vers une voie sans issue. Cette histoire  nous touche en plein ventre. Comme une balle de fusil elle nous abat sans salut, sans rémission.

     

     


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  • mouette rieuse


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  • voilà le silence

    qui fait de ce haiku

    un haiku

     

     

    et dans la marge

    ni  entrée ni sortie

    une pause entre les mots

     

     


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  • je venais tout juste de terminer de lire "le bateau-usine" de Kobayashi Takijii, lui même assassiné (crise cardiaque après avoir été torturé) pour ses engagements libertaires, en 1933 par la police  politique japonaise, lorsque j'ai eu l'occasion de voir ce film avant sa sortie en salle... Le constat est affligeant, nous avons changé d'époque, mais pas de truands, ni de voleurs et encore moins de tyrans. Il ont toujours été au pouvoir, ont toujours veillé à nous anéantir pour leurs intérêts... Ils se tiennent les coudes d'un bout à l'autre du monde. Ce sont toujours les chasseurs qui racontent l'Histoire et lorsque les rares lapins rescapés tentent de la narrer, on ne les croit pas, ou on les tue...

     

     


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