• lorsque nous apprenons durant des heures, des jours, des saisons, des années à approcher le vivant, nous nous rendons compte combien nous ne connaissons rien de ce qui nous entoure... aucun oiseau, aucun animal, quelles que soient sa taille ou son comportement, ne se laisse jamais approcher sans le vouloir... même si nous croyons après mille feintes le surprendre dans son intimité, nous nous trompons gravement... c'est lui et lui seul, qui accepte notre présence... nous ne maîtrisons strictement rien dans ce domaine...

     

     

     

    vol imprévisible

    la légèreté de la libellule

    s'accomode au vent

     


     


    En est -il de même pour le haïku ? est ce le haïku  qui, comme  me le suggérait si joliment Monika... vient à nous ? ... et non nous qui le trouvons à force de relâchement et d'observation... Je ne sais pas, je ne sais plus... mais j'aime beaucoup la pertinence et l'intelligence  de Monika link lorsqu'elle me parle (via le phone vu qu'un océan nous sépare ) de haïku...

     



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  • le vert  tranchant

    des rizières

    patauge à l'infini




    son visage ridé, ses gestes lents -

    depuis combien de temps

    ne l'avais je pas vue ?




    au bord de l'eau

    ma robe se gonfle et se dégonfle

    immobile




    je touche encore une fois

    ce sein, sa grosseur tapie

    et la beauté du monde devant moi

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  •  


    sans l'enfant

    la poupée parterre

    reste sans voix


     

     

    au fond du bassin

    le rouge plastique

    du petit navire échoué

     

     

     

     

    jouets sans vie

    autour de la maison

    les ronces se chargent du reste

     


     

     

     

     

     

     


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  • The Great Patriotic War comme on l'appelle en Ukraine, a engouffré près du quart de la population avec huit à 11 millions de morts sur une population de 42 millions...


    Kseniya Simonova dit:

    "Je trouve ça assez difficile de créer de l'art en utilisant du papier et des crayons ou des pinceaux, mais en utilisant du sable et mes doigts, je me dépasse. L'art, surtout quand la guerre est utilisée comme sujet, porte même quelques membres du public aux larmes. Et il n'y a sûrement pas plus grand compliment "

     

     


     


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  •  une histoire de rencontre, de hasard et d'amour exsangue de superflus... Rabia veut dire rage ... et la rage de vie est bien là, désinhibée et exposée sur des images sombres sans espoir, dans un silence quasi carcéral.

    ... histoire d'amour cachée, fragile, sans condition, sans soumission, Rabia est  cruelle et noire...

    le film bâtit sa force dans l'invisible présence d'un homme traqué, et d'une femme qui porte ses maigres espoirs dans l'enfant qu'elle attend.

    La vie a sa logique.  Sans morale, sans pathos, elle livre une exactitude déroutante d'un amour sans préméditation...  sans droit...


     

       


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  • un haïku ne se finit jamais...

    ces quelques mots ajustés à une pensée, ne se limitent pas à  une construction visuelle ou imaginaire d'un instant. Ils rendent palpable un fragment de temps dépossedé de toutes contraintes... l'univers devient haïku et le haïku devient univers... l'équilibre se pose là où tout se confond,  l'esprit s'affranchit, la perception s'affine, le haïku se perpétue...

     

     



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  • Coq de bruyère1A

    coq de bruyère

     

     



    dernier arbre de la forêt

    le silence s'arrête

     

     

     


     


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    et la forêt enfin !!...   De vieux hêtres, là depuis trop longtemps pour qu'on se souvienne de leur absence, garantissent une souveraineté tranquille sur ce versant de montagne...  Pour que nul, ne puisse y mettre un quelconque désordre, ils chargent leurs racines noueuses de tisser une histoire plusieurs fois centenaires dans une trame inextricable.

     


    Ils se parlent ainsi les arbres... par la terre et par le ciel... par les racines et par les branches... ils retiennent leur immensité.

     

     


    les plus vieux  aspirent  les plus jeunes vers la lumière.... et  ces  tout jeunes hêtres encore fragiles, pour ne pas succomber dans l'ombre de leurs aînés, se dressent de toutes leurs forces, vers leur salut... Pour atteindre leur destin,  ils se tordent, s'agrippent aux rochers qui les entourent, les avalent progressivement dans leur croissance... se blessent et blessent  les congénères qui les accompagnent d'un peu trop près... saignent et soignent leurs plaies en silence... parfois  sous le poids de la neige, une de leurs branches se détache, laissant, en mémoire de son existence un trou ou une  boursouflure...  dans leur progression séculaire, rien ne les épargne... Le ciel d'été gonflé d'orage, les foudroie par endroitjusque dans leur coeur... Les moins mutilés, arrangent autour de leur brûlure une condition de survie provisoire, alors que d'autres, trop atteints, attendent dignement  qu'une grosse rafale de vent ou de pluie les couche pour l'éternité...

     

     


     

    ces très vieux arbres

    à force de temps

    ont la peau couleur pierre


     


     

     

    ... je me fais toute petite dans cet empire de feuilles et d'écorce, de visibles et d'invisibles... depuis mon enfance oiseaux et arbres accompagnent mon existence, ils ne m'en impressionnent pas moins... de la tête au pied ils imposent leur immobilité... s'y accrochent, mousse, lichen et champignons.. lorsque mon  imagination, me permet de voir le non visible, je découvre en dessin de leur cheminement, des jambes , des coudes, des visages, des corps couchés... tout ce que leur recherche d'eau et de nourriture, leur confère comme fantaisie de croissance..

     

    trop loin de tout et complètement inaccessible, l'homme n'a rien touché dans cette forêt d'altitude. Elle prend ses aises sans angoisse, sans terreur... Elle vit au rythme de ses morts et de ses naissances. Les oiseaux y sont tout juste présents... certains pourtant poussent leur voix à l'excès pour limiter fermement leur territoire, mais la concurrence n'est pas énorme, et le territoire pas trop menacé....

     

     


    sur ce versant

    les oiseaux

    prennent un accent de montagne

     

     

     

     

     

    dernier arbre de la forêt

    le silence s'arrête


     

     

     


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